Diverticulite : facteurs de risque et récidives

Lyna Hammouch, Dt.P. Nutritionniste chez SOSCuisine.com
2 juin 2026

Introduction

Après un épisode de diverticulite, une question se pose souvent : est-ce que cela peut revenir? Et si oui, pourquoi certaines personnes font-elles des récidives alors que d’autres n’en auront jamais?

L’alimentation est souvent la première chose à laquelle on pense, mais est-ce vraiment le seul facteur en cause? La constipation, le stress, le mode de vie ou même certains médicaments pourraient-ils aussi influencer le risque de nouvelles poussées?

En réalité, la diverticulite est une condition multifactorielle. Les études pointent vers plusieurs facteurs expliquant pourquoi certaines personnes font des récidives alors que d’autres n’en auront jamais. Jetons un coup d’œil aux principaux éléments qui pourraient influencer ce risque.

Le facteur alimentation et l’apport en fibres

Eh oui! On parle encore des fibres, mais avec raison: elles font partie des facteurs les plus importants lorsqu’on parle de santé digestive et de diverticulite.

Pourquoi? Parce que les fibres alimentaires aident à augmenter le volume des selles et à faciliter leur passage dans l’intestin. En d’autres mots, elles aident le côlon à travailler de façon plus efficace et avec moins de pression. Or, une pression trop élevée dans le côlon fait justement partie des mécanismes longtemps proposés pour expliquer la formation et l’irritation des diverticules, ces petites poches qui se forment dans la paroi du côlon (1).

Ce n’est donc pas surprenant que plusieurs études aient observé qu’une alimentation plus élevée en fibres  était associée à un risque plus faible de diverticulite (2,3). On retrouve les fibres principalement dans les fruits, les légumes, les légumineuses, les grains entiers, les noix et les graines. Bref, les aliments qu’on gagne déjà à mettre plus souvent au menu.

Mais attention: augmenter ses fibres trop rapidement ou sans boire assez peut parfois avoir l’effet inverse de celui recherché. Ballonnements, inconforts, selles plus difficiles à évacuer… ce n’est pas exactement l’objectif! Mieux vaut donc y aller progressivement, tout en s’assurant d’une bonne hydratation, pour laisser le temps au système digestif de s’adapter.

Le facteur constipation et le transit intestinal

Le rôle des fibres est d’ailleurs étroitement lié à un autre aspect important: le transit intestinal.

Lorsque le transit intestinal ralentit, les selles peuvent devenir plus dures, plus sèches et plus difficiles à évacuer. Résultat: il faut souvent « forcer » davantage et la pression à l’intérieur du côlon peut augmenter. Avec le temps, cette pression pourrait fragiliser la paroi intestinale et favoriser l’inflammation des diverticules (1).

Autrement dit, un transit intestinal paresseux n’est pas seulement inconfortable; il pourrait aussi créer un contexte moins favorable pour la santé du côlon et favoriser la constipation. Et c’est là que les fibres reviennent encore sur le devant de la scène. En aidant à ramollir et à évacuer les selles plus facilement, elles contribuent à rendre le transit plus régulier.

Mais les fibres ne travaillent pas seules. Pour que tout cela fonctionne bien, il faut aussi leur donner un coup de main. Comme mentionné plus haut, une hydratation adéquate est essentielle, car sans assez de liquide, même une alimentation riche en fibres peut devenir contre-productive. L’activité physique régulière compte aussi parmi les stratégies les plus utiles pour stimuler le transit et soutenir la santé digestive de façon globale (1,3).

Le facteur mode de vie

Saviez-vous que l’activité physique ne sert pas seulement à garder la forme ou à soutenir la santé cardiovasculaire? Elle joue aussi un rôle important dans la santé digestive.

Comme mentionné dans la section précédente, bouger régulièrement peut aider à stimuler le transit intestinal et à prévenir la constipation. Mais ses effets ne s’arrêtent pas là. Plusieurs études ont également observé que les personnes qui font plus d’exercice physique présentaient un risque plus faible de diverticulite et de complications diverticulaires (3).

À l’inverse, certains facteurs liés au mode de vie semblent augmenter ce risque. La sédentarité, le tabagisme et l’obésité ont notamment été associés à une probabilité plus élevée de développer une diverticulite ou d’en subir les complications (3). Ces facteurs peuvent influencer la santé digestive de différentes façons, notamment en favorisant l’inflammation, en modifiant le microbiote intestinal ou en affectant la motilité intestinale.

La bonne nouvelle? Même de petits changements peuvent faire une différence. Intégrer davantage de mouvement dans son quotidien, marcher, faire du vélo, jardiner ou pratiquer une activité physique que l’on aime, peut contribuer à soutenir la santé digestive tout en apportant plusieurs autres bienfaits pour la santé.

Le facteur stress et la santé digestive

On a souvent l’impression que le stress se manifeste surtout dans la tête… mais le système digestif en ressent aussi les effets.

Le tube digestif est étroitement lié au système nerveux par ce qu’on appelle l’axe intestin-cerveau. Cette communication constante entre le cerveau et l’intestin explique pourquoi certaines émotions ou périodes de stress peuvent influencer la digestion. Chez certaines personnes, le stress peut, par exemple, modifier la motilité intestinale, augmenter la sensibilité digestive ou provoquer des inconforts comme des ballonnements ou des douleurs abdominales (4).

Cela ne signifie pas que le stress cause directement la diverticulite. Toutefois, il peut contribuer à perturber l’équilibre digestif et aggraver certains symptômes gastro-intestinaux. Les chercheurs s’intéressent donc de plus en plus au rôle possible du stress et des facteurs psychologiques dans la santé digestive, même si leur lien précis avec les poussées de diverticulite demeure encore à l’étude (4).

Le facteur médicaments

On pense souvent à l’alimentation ou au mode de vie lorsqu’on parle de diverticulite, mais certains médicaments peuvent également influencer la santé digestive.

En effet, plusieurs études ont observé une association entre l’utilisation de certains médicaments et un risque plus élevé de diverticulite ou de complications diverticulaires. Parmi ceux qui sont le plus souvent mentionnés dans la littérature scientifique, on retrouve notamment les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), les opioïdes et les corticostéroïdes (5).

Ces médicaments peuvent agir de différentes façons sur le système digestif. Par exemple, certains peuvent irriter la muqueuse intestinale, modifier la réponse immunitaire ou encore ralentir le transit intestinal (1,5). Dans certains contextes, ces effets pourraient contribuer à fragiliser l’équilibre digestif.

Cela ne signifie toutefois pas que ces médicaments doivent être évités. Dans de nombreuses situations, ils sont essentiels pour traiter d’autres conditions médicales. Il est donc important de ne jamais modifier ou interrompre un traitement sans en discuter d’abord avec son médecin ou son pharmacien.

En conclusion – à retenir

Comme vous l’avez lu, le risque de diverticulite ou de récidive dépend de plusieurs facteurs: L’alimentation, le transit intestinal, le mode de vie et même certains médicaments peuvent tous jouer un rôle dans la santé digestive.

La bonne nouvelle, c’est que plusieurs de ces facteurs sont liés à nos habitudes de vie. Miser sur une alimentation riche en fibres, maintenir une bonne hydratation, bouger régulièrement et prendre soin de sa santé digestive au quotidien peut contribuer à créer un environnement plus favorable pour le côlon.

Pour vos patients qui ont déjà vécu un épisode de diverticulite et souhaitent adapter leur alimentation, un accompagnement personnalisé par nutritionniste est conseillé. Ainsi, il sera possible d’identifier les habitudes qui conviennent le mieux afin de soutenir la santé digestive à long terme de vos patients.


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Références

  1. Strate LL, Morris AM. Epidemiology, pathophysiology, and treatment of diverticulitis.
    Gastroenterology. 2019;156(5):1282-1298.e1.doi:10.1053/j.gastro.2018.12.033
  2. Crowe FL, Appleby PN, Allen NE, Key TJ. Dietary fibre intake and risk of diverticular disease: a prospective study of 47 033 UK adults. BMJ. 2011;343:d4131. doi:10.1136/bmj.d4131
  3. Strate LL, Keeley BR, Cao Y, Wu K, Giovannucci EL, Chan AT. Western dietary pattern increases, and prudent dietary pattern decreases, risk of incident diverticulitis in a prospective cohort study. Gut. 2017;66(2):302-307. doi:10.1136/gutjnl-2015-310202
  4. Camilleri M, Lasch K, Zhou W. Irritable bowel syndrome: methods, mechanisms and pathophysiology. Gut. 2012;61(3):441-452. doi:10.1136/gutjnl-2011-300248
  5. Strate LL, Liu YL, Aldoori WH, Giovannucci EL, Chan AT. Use of aspirin or nonsteroidal anti-inflammatory drugs increases risk of diverticulitis and diverticular bleeding. Gastroenterology. 2011;140(5):1427-1433. doi:10.1053/j.gastro.2011.02.004

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