Dr Guy Rouleau, récipiendaire du Prix de l’oeuvre scientifique 2016


2 février 2017

Lors du Congrès annuel de médecine en octobre dernier, Médecins francophones du Canada a souligné la carrière prolifique du Dr Guy A. Rouleau en lui remettant le Prix de l’œuvre scientifique. Ayant été reconnu à de multiples reprises tout au long de sa carrière pour sa contribution à l’avancement de la science et à l’amélioration du sort humain, notamment par le Prix Genesis – Biotechnologie de demain (2011), le Prix Magnolese National Brain Disorders (2012) et le Prix d’excellence du Collège des Médecins (2014), le récipiendaire a rappelé la finalité de son travail quotidien : « Ce que j’ai réalisé dans ma carrière, c’est pour aider et soutenir les malades, comme tous ces médecins qui veulent aider leurs patients. Ma quête est de tenter de déchiffrer les mystères des maladies du cerveau. Ma motivation est d’espérer faire une différence dans la société. ».

C’est en 1980 que Guy Rouleau a obtenu un diplôme de médecine avec grande distinction de l’Université d’Ottawa, suivi d’un doctorat en génétique de l’Université Harvard, neuf ans plus tard. Il a complété sa recherche de troisième cycle en neurosciences à l’Institut de neurologie de Montréal et à l’Hôpital du Massachusetts. Sa passion pour les neurosciences remonte à son internat à Montréal aux côtés du Dr Albert Aguayo, chercheur de grand talent ayant révolutionné la neuroscience dans le domaine de la régénération des neurones. « Le Dr Aguayo a été récompensé de nombreux prix prestigieux et il a présidé l’Organisation internationale de recherche sur le cerveau. Il a été un mentor, et surtout une grande inspiration pour le jeune médecin que j’étais. Alors que j’avais beaucoup d’intérêts différents en étudiant la médecine et que je ne savais pas quel chemin prendre, en le côtoyant, j’ai su que je voulais suivre ses traces », se souvient le Dr Rouleau.

Aujourd’hui directeur de l’Institut et hôpital neurologiques de Montréal, le Neuro, de l’Université McGill et du Centre universitaire de santé McGill, on doit au Dr Rouleau la découverte d’une vingtaine de gènes associés à plusieurs maladies neurologiques, dont de nombreuses qualifiées de maladies orphelines, et la découverte de nouveaux mécanismes mutationnels. Ces découvertes apportent une lumière nouvelle à notre compréhension de ces maladies et ouvrent la voie au développement de traitements adaptés.

Un chercheur rassembleur

Devant une quête aussi ambitieuse, le Dr Rouleau sait bien que le travail est loin d’être terminé. « Non, ce n’est pas fini ! Chaque semaine, je rencontre dans mon bureau des patients atteints de maladies rares. Si mes travaux contribuent à l’identification de la maladie, et offrent des informations importantes sur son évolution, le traitement reste souvent symptomatique. C’est certainement mieux que rien, mais c’est parfois très frustrant ! » Pour cette raison précise, justement, le clinicien chercheur s’acharne à poursuivre sa quête afin de franchir, toujours, de nouvelles étapes. Sans découragement, car il y voit un périple qui le dépasse largement, mais auquel il participe. « Il y a tellement de maladies, ça prendra du temps ! Mais je veux faire ma part. ».

Entre temps, il continue d’entraîner à sa suite nombre de ses anciens étudiants. Pendant plus d’une décennie, il a dirigé le Réseau québécois de médecine génétique appliquée, regroupant des chercheurs et des cliniciens de haut calibre dans ce domaine. « Il y a toute une équipe, dans un laboratoire, des étudiants, des post-doctorants, des apprentis, qui ont réussi toutes sortes d’exploits, parfois spectaculaires. Je suis fier d’avoir contribué à leur développement, d’avoir joué un rôle dans leur formation, et de les voir poursuivre cette immense œuvre commune », confie simplement l’éminent chercheur, dont l’enthousiasme est toujours aussi contagieux. Toutes nos félicitations au Dr Guy A. Rouleau !