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Décupler les forces grâce aux partenariats

Une cohorte nationale pour une plus large formation en français

par Claudine Auger

Jean Roy, M.D.

L’alliance francophone

Le Bureau des affaires francophones (BAF), créé en 1995, est le principal agent de développement des programmes de formation offerts en langue française à la Faculté de médecine de l’Université d’Ottawa. Il y a également le Consortium national de formation en santé (CNFS), formé en 2001, grâce à une initiative du gouvernement fédéral, afin de favoriser la formation en français de professionnels de la santé dans le but de répondre aux besoins des populations en situation minoritaire à travers le pays.

Grâce à la collaboration de ces deux organismes, depuis près d’une quinzaine d’années déjà, le programme de médecine de l’Université d’Ottawa accueille chaque année une cohorte de huit étudiants hors Québec et hors Ontario, qui est intégrée au volet francophone existant. « L’objectif est d’augmenter la main-d’œuvre dans les endroits où il y a des besoins, dans les communautés francophones en situation minoritaire. Bref, de former en français des médecins qui retourneront travailler dans leur coin de pays », explique le Dr Jean Roy, vice-doyen au BAF. Il importe, entre autres, de pouvoir offrir à ces étudiants des stages dans leur milieu d’origine afin qu’ils puissent rester en lien avec leur communauté. « L’idée n’est pas qu’ils s’enracinent à Ottawa durant leurs études! », avoue candidement le Dr Roy.

Le recrutement des étudiants à travers le pays


Credit photo: CNFS

Les étudiants de cette cohorte nationale proviennent principalement, à l’heure actuelle, des provinces de l’ouest. Pour le recrutement, les gestionnaires du projet visent d’abord les foires qui s’adressent aux professions de la santé. « Nous avons aussi des activités qui ciblent les étudiants préuniversitaires. Ce sont nos étudiants en médecine qui s’impliquent largement pour aller rencontrer ces candidats potentiels et témoigner de leur cheminement. Enfin, une autre activité, celle-là organisée en soirée, et ce, deux fois l’an, sur le site de l’Université d’Ottawa, invite le grand public à s’instruire sur des sujets médicaux. Très ludique, cette “mini école de médecine” propose une thématique particulière pour permettre aux participants d’explorer tout un univers. Beaucoup d’étudiants intéressés à la médecine apprécient l’événement », souligne le Dr Roy.

Tisser les partenariats

Le succès de l’intégration des étudiants de cette cohorte nationale se construit au travers un maillage de partenariats qui s’étend à travers le pays. « Nous avons besoin d’avoir des représentants et des superviseurs cliniques, dont nous assurons la formation, tant pour le recrutement des candidats que pour leurs stages et l’appui dont les diplômés auront besoin une fois de retour dans leur communauté pour développer leur pratique en français. Nous avons déjà un coordonnateur à Winnipeg depuis trois ans qui fait le lien entre l’Université d’Ottawa et les besoins là-bas. Nous avons également une entente avec l’Université du Manitoba pour faciliter le retour en résidence dans la région. Et nous espérons bientôt des ressources concrètes sur le terrain, à Vancouver », ajoute l’administrateur du programme de médecine de la cohorte nationale. Son engagement et son enthousiasme sont palpables et indiquent un véritable appel à l’alliance francophone.