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Antipsychotiques ou neuroleptiques?

Il fut un temps où le terme antipsychotique passait pour un anglicisme, auquel il fallait préférer neuroleptique pour désigner les médicaments utilisés pour traiter la  psychose. Le premier était absent de la plupart des dictionnaires médicaux français, alors que le second avait été proposé à l’Académie nationale de médecine de France en 1955 pour souligner l’action neurologique caractéristique, avant tout sédative, de ce qui était à l’époque une nouvelle classe de médicaments.
Les choses ont changé. De nombreux agents, dits antipsychotiques atypiques, aux effets plus « incisifs », ont été mis au point pour traiter les processus psychotiques, de sorte que de nos jours les neuroleptiques ne sont plus qu’une catégorie à l'intérieur d’une classe hétérogène de médicaments, pour laquelle l’appellation générique d’antipsychotiques est entrée dans l’usage. Ces médicaments partagent au moins une propriété pharmacologique, celle de bloquer l’action de la dopamine sur le récepteur dopaminergique D2. Il faut alors distinguer antipsychotiques de première génération (parfois dits antipsychotiques typiques), encore appelés neuroleptiques, et antipsychotiques de deuxième génération (dits antipsychotiques atypiques). Ces derniers,  notamment la clozapine, se caractérisent par une fréquence moindre d'effets indésirables extrapyramidaux, comparativement aux premiers.
Certains considèrent l’aripiprazole comme le premier agent d’une troisième génération d’antipsychotiques, laquelle a un effet agoniste partiel sur certains récepteurs.

En conclusion, le terme antipsychotique ne peut plus être considéré comme un anglicisme lorsqu’il désigne l’ensemble des médicaments employés pour traiter les manifestations de la psychose.

Références
Pharmaterm, Bulletin terminologique de l’industrie pharmaceutique, vol. 3, no 4, 1992.
Thomas, P. Données actuelles sur les antipsychotiques. Rev Prat 65 : 248-250, 2015