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Fibromyalgie... ah non!

par Claudine Auger

Encore trop souvent mal comprise, difficile à diagnostiquer en raison des symptômes multiples – jusqu’à 300 répertoriés par les patients atteints, la fibromyalgie est une pathologie aux causes multifactorielles qui entraîne une douleur diffuse et des changements neurocognitifs, et dont les symptômes sont exacerbés par le manque de sommeil et d’exercice, notamment. Pistes pour dépister et traiter efficacement cette insidieuse condition.

Fibromyalgie, des symptômes multiples
Maladie sournoise dont les facteurs de risques génétiques et épigénétiques commencent peu à peu à être identifiés, les symptômes les plus importants de la fibromyalgie (FO) sont nombreux : douleurs musculaires, fatigue et troubles du sommeil, céphalées, douleurs articulaires, jambes sans repos, engourdissements, troubles de la mémoire, difficultés de concentration et dépression majeure.  À travers cette diversité dans la présentation clinique, la maladie comporte certains dénominateurs communs, dont la douleur, la dyssomnie et la fatigue.
Outre les douleurs diffuses, la fibromyalgie apporte aussi son lot d’atteintes cognitives. On parle, notamment, du fibro-fog, ce brouillard typique à la maladie qui se caractérise par de la confusion, des troubles mnésiques, une difficulté de concentration, une propension à mélanger les mots. « Ce n’est pas un trouble franc chez les patients, mais la vitesse de traitement de l’information semble diminuée. Il y a problème de ‘connectivité’ cérébrale chez les FM », souligne le Dr Pierre Arsenault, associé à la Faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke et au Centre de Santé de Stoke. Ainsi, chez les fibromyalgiques, ces troubles de connectivité augmentent les centres de la douleur et diminuent les centres inhibiteurs de la douleur. Quant au sommeil, également affecté, les patients accèdent rarement les stades profonds, freinant la récupération. « Le stade 4, qui produit les hormones de croissance régénératrice des tissus musculaires est nettement diminué chez les FM. Si ces anomalies du sommeil ne sont pas propres à la fibromyalgie, il importe de considérer le sommeil, qui interfère grandement dans la maladie », précise le conférencier.