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Capsule scientifique tirée de la conférence de Dre Hélène O’Connor au Colloque Bal de neige 2018

La déprescription

par Claudine Auger

Les patients âgés arrivent souvent en bureau avec une longue liste de médicaments, dont certains prescrits depuis très longtemps. Le médecin qui veut revoir cette lourde pharmacie risque de se buter à une résistance certaine. Alors que les prévisions indiquent qu’une personne sur quatre sera âgée de plus de 65 ans en 2030, le vieillissement de la population laisse présager des défis de déprescription complexes. Tour d’horizon avec Dre Hélène O’Connor, qui œuvre au quotidien pour alléger la polypharmacie de ses patients.

En contexte de population vieillissante

Concept récent ayant émergé avec le phénomène de vieillissement de la population, on ne parle de déprescription que depuis une décennie ou deux. Au Canada, plus de 50 % des personnes âgées en soins de longue durée et 27 % de celles en communauté prennent plus de cinq médicaments. « La polypharmacie, c’est prendre plus de 5 médicaments quotidiennement et la déprescription, c’est le processus qui permet de revoir cette médication avec l’objectif de diminuer ou de cesser ceux qui ne sont plus appropriés », précise Dre Hélène O’Connor, directrice de l’éducation du volet francophone au département de médecine familiale de l’Université d’Ottawa et médecin de l’équipe de santé familiale académique Montfort.

Les risques d’événements indésirables associés à la polypharmacie et aux prescriptions inappropriées augmentent chez les personnes âgées : diminution d’adhérence, interactions ou erreurs médicamenteuses, pertes cognitives, hospitalisations, pour ne nommer que ceux-là. En outre, lorsque plusieurs spécialistes interviennent, la possibilité de confusion augmente. Plus encore, « lorsqu’on introduit une molécule supplémentaire en réaction à des effets indésirables médicamenteux (EIM) au lieu de cesser la médication responsable, on ajoute encore à la complexité », souligne Dre O’Connor.