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Jumelage étudiant entre Rosalie Gagnon, étudiante en médecine et Dre Johanne Blais

par Claudine Auger

En terre connu
Le 26 janvier dernier, Rosalie Gagnon, étudiante en 3e année de médecine à l’Université Laval, a retrouvé Dre Johanne Blais à son bureau afin de l’accompagner dans ses activités médicales, occasion offerte par un stage gagné lors du Symposium étudiant de médecine, organisé en partenariat avec Médecins francophones du Canada. « Je connaissais Dre Blais pour avoir eu la chance, précédemment, de faire un stage en sa compagnie, et c’est pour cette raison que je l’ai choisie! C’est une femme accueillante et accessible, un médecin d’une grande générosité avec ses patients, avec qui elle prend le temps qu’il faut », témoigne la jeune femme. L’avant-midi aura été consacré à la rencontre d’une dizaine de patients, suivi d’un dîner avec les résidents, avant de poursuivre le stage en compagnie d’une résidente senior attachée à Dre Blais.

L’étudiante, qui a apprécié cette opportunité d’explorer la médecine familiale, a pu observer des pathologies diversifiées. « Il y avait des cas de toutes sortes, de la dermatologie à la psychiatrie. Nous avons, entre autres, rencontré ce patient souffrant de douleurs chroniques dont la lourde médication ne parvient pas à faire disparaître la souffrance. Entre ce que nous apprenons à l’école et le terrain, c’est très différent! En tant que médecin, j’ai pu comprendre le défi… qui parfois nous mène à nos limites, devant un portrait global d’une situation où des difficultés psychologiques complexifient la situation. » Plus encore, elle aura pu constater sur le terrain que la médecine n’est pas infaillible et qu’un premier diagnostic peut s’avérer erroné devant l’évolution d’une pathologie. « Nous avons rencontré cette patiente qui s’était présentée la veille à l’urgence pour une maladie de peau et à qui on avait prescrit une crème corticoïde. Elle était de retour ce jour-là, le problème s’était grandement amplifié, laissant soupçonner autre chose qu’un simple épisode d’eczéma! »

L’appel de la médecine familiale
Rosalie Gagnon a cherché longuement le chemin de carrière qui lui convenait. « J’ai pensé à la psychologie, à l’enseignement, à l’orthophonie… la donnée de base était d’être en contact avec les gens. La médecine était pour moi un monde inconnu et inaccessible, je n’osais pas. Mes notes étant bonnes au Cégep, j’ai commencé à m’informer. J’ai fait le bon choix, car plus j’avance, plus j’aime la médecine », souligne la jeune femme. Si le début du parcours, très théorique, l’a rejoignait moins vu son besoin d’être en relation avec les gens, elle se surprend à se passionner de cardiologie ou même d’hématologie. Mais c’est véritablement l’appel de la médecine familiale qui prend le dessus : « J’aime créer des liens, et j’aime l’idée de suivre un patient à long terme, de suivre sa famille, ses enfants. J’aime l’idée d’un rôle utile, d’une pratique vaste et concrète qui s’appuie sur l’enseignement auprès des patients pour les soutenir dans des changements qui les aideront à aller mieux », explique l’étudiante. 

Ayant déjà un bon aperçu de la médecine familiale, c’est d’ailleurs la voie qu’elle désire emprunter, cette journée de stage a confirmé son choix. « Je suis très inspirée par Dre Blais, qui prend le temps nécessaire avec chacun de ses patients. Elle ne pratique pas une médecine à la chaîne! Et c’est de cette façon que j’envisage la médecine familiale », confie Rosalie Gagnon, convaincue que cette pratique est gagnante à long terme. « Un patient insatisfait, qui ne s’est pas senti écouté ou qui a mal compris les informations données, ira ailleurs, reviendra ou ne suivra pas bien son traitement », conclut Rosalie Gagnon avec vision.