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Symposium étudiant de médecine familiale

Jumelage d'Elizabeth Deng avec le Dr Gilles Julien

par Claudine Auger

Trouver sa voie

Étudiante de première année en médecine à l’Université Sherbrooke à Chicoutimi, Elizabeth Deng a parcouru la longue route jusqu’à Montréal, en mars dernier, pour rejoindre le centre de pédiatrie sociale d’Hochelaga Maisonneuve fondé par le Dr Gilles Julien. Elle a pu le suivre dans le quotidien de sa pratique, grâce au stage gagné lors du Symposium étudiant de médecine familiale au kiosque de Médecins francophones du Canada. Ce bref passage dans l’univers de la pédiatrie sociale a changé sa perception de la pratique familiale : « Notre approche symptômes = maladie est tellement ancrée ! La base de la médecine, c’est encore ça : on sait pourtant qu’on peut creuser, on connaît les déterminants qui peuvent altérer la santé, mais nous n’apprenons pas comment jouer sur ces déterminants. La pratique du Dr Julien m’a permis de voir autrement », témoigne l’étudiante en médecine.

Fascinée par les mathématiques, Elizabeth Deng a réalisé grâce à des stages d’observation que le domaine auquel elle projetait se consacrer ne pourrait combler son besoin de contacts humains. « À l’école, j’ai toujours été largement engagée socialement. Au secondaire, dans mon programme qui exigeait un quelques heures de bénévolat annuel, je finissais par offrir des dizaines d’heures ! J’y ai pris goût. » Elle complète d’abord un baccalauréat en nutrition, à l’Université Laval, et là encore comprend qu’elle doit chercher ailleurs sa vocation. « Je ne me voyais pas faire carrière comme nutritionniste, il n’y a pas assez de diversité, j’ai besoin de davantage de défis, de stimuli », confie la jeune femme. C’est par la suite qu’elle est acceptée en médecine.

Miser sur la transparence

Elizabeth Deng avait lu les informations qu’on lui avait remises avant de se présenter au centre de pédiatrie sociale. Il lui tardait de constater par elle-même sur le terrain cette pratique novatrice, longtemps portée en solitaire et avec persévérance par son fondateur. Malgré qu’elle s’attendait à trouver une équipe multidisciplinaire aux côtés du célèbre pédiatre, l’étudiante en médecine a été étonnée par tant de monde autour de la table. « Malgré tous ces professionnels, intervenant social, infirmière, étudiante qui récoltait des données de recherche, les parents et la fratrie du patient, il régnait une belle harmonie. Le plus intéressant, c’est que tous ces gens facilitent la fluidité de l’information : il n’est pas nécessaire de multiplier les appels pour y accéder. Pendant que le Dr Julien examinait l’enfant, les autres intervenants récoltaient auprès de la mère les renseignements utiles sur le quotidien. »

La jeune femme aura surtout été impressionnée par la capacité du Dr Julien à aborder les cas plus difficiles en misant sur la transparence. Devant cette rencontre qui réunissait une fillette et ses « deux » familles, la famille biologique avec une fratrie qui lui est plutôt étrangère et la famille d’accueil, le pédiatre a dénoué les tensions en prenant le temps nécessaire pour écouter et expliquer. « Il a permis aux deux familles de se présenter, et quand la petite patiente est repartie avec sa famille d’accueil, le Dr Julien a précisé aux membres de la fratrie biologique pourquoi leur sœur n’habite pas avec eux. Il leur a offert des services, s’ils ont besoin d’en parler. Et grâce à tous les intervenants, plusieurs pistes de solutions ont été présentées, tant sur le plan des subventions, des ressources alimentaires ou autres services offerts par divers groupes communautaires. Tout pour répondre aux besoins des familles », précise Elizabeth Deng. « La pratique du Dr Julien rejoint mes valeurs. Par son travail communautaire, il réussit à jouer sur les déterminants de la santé, au lieu de simplement traiter un problème, une maladie. J’aimerais m’inspirer de cette approche plus large dans ma future pratique. »