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L’expérience de Sandrine Filiatrault

Jumelage entre la Dre Vania Jimenez et l’étudiante en médecine, Sandrine Filiatrault

par Claudine Auger

Les diverses réalités de la médecine familiale

En septembre dernier, Sandrine Filiatrault, étudiante en médecine à l’Université de Montréal, a suivi la Dre Vania Jimenez pendant toute une journée afin d’observer sa pratique, une occasion offerte lors du Symposium étudiant de médecine familiale organisé en partenariat avec Médecins francophones du Canada. La jeune femme, en compagnie du médecin de famille, directrice des services professionnels et médicaux de première ligne au CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal et cofondatrice de la Maison Bleue, a d’abord assisté aux rencontres avec l’équipe dirigée par Dre Jimenez : « C’était très instructif d’être mise en contact avec ce genre de travail que je ne connaissais pas du tout, l’aspect bureaucratique de la gestion d’un CLSC. »

L’après-midi aux côtés de Dre Jimenez aura été, quant à lui, consacré aux patientes de la Maison bleue, un centre de périnatalité sociale qu’elle a cofondé en 2007 avec l’une de ses filles. Ce centre se veut un milieu de vie qui permet d’accompagner des familles en difficulté pendant la grossesse et le développement de l’enfant. « La Maison bleue accueille des patientes de toutes les origines. J’ai énormément apprécié l’aspect humain de cette expérience. Dre Jimenez est une femme exceptionnelle, incroyablement généreuse ! Elle prenait le temps de tout m’expliquer, son calme et sa bonne humeur créent une si belle ambiance », décrit l’étudiante qui confie avoir été instantanément à l’aise avec la médecin de famille. Selon Sandrine Filiatrault, ce qui transparaît spontanément de la pratique de Vania Jimenez est sa capacité à créer et conserver un sens humain. « Le lien avec ses patients la nourrit, sans jamais la stresser. C’est un lien qui rend son travail gratifiant. J’ai pu constater à quel point elle est appréciée dans son travail », remarque la jeune étudiante qui a visiblement été impressionnée par son passage à la Maison bleue, « une équipe de femmes très liées, où chacune a sa place et son rôle dans un univers d’interdisciplinarité ».

Dévier d’une vie linéaire

Écrivaine et médecin de famille engagée, Vania Jimenez a, pendant une dizaine d’années, sillonné le Nord québécois en tant que médecin dépanneur. Sandrine Filiatrault, elle-même captivée par les communautés autochtones, a grandement profité des échanges sur ce terrain d’intérêt commun avec son mentor d’un jour. « Avant le jumelage, je n’avais aucune attente. J’ai été surprise d’apprendre que Dre Jimenez avait travaillé avec les autochtones », s’exclame l’étudiante qui profite actuellement d’une année sabbatique pour compléter une mineure en études autochtones à l’Université de Montréal. « Ma vie a suivi un tracé en ligne droite et j’ai ressenti le besoin d’enrichir mon parcours. Ce programme offert depuis peu m’aide à voir autre chose et à ouvrir mes horizons. En ce moment, j’ai des cours sur les plantes médicinales, l’introduction aux langues autochtones et un cours en sociologie, qui m’offre de belles pistes de réflexion », raconte la jeune femme qui a des racines amérindiennes. « Pourtant, je n’ai jamais habité sur la réserve, j’ai grandi comme une Blanche. Mon intérêt a été piqué par le groupe “Santé autochtone” à l’Université. J’ai eu une illumination, j’ai trouvé ma voie. »

L’expérience de ce stage et la rencontre avec Dre Vania Jimenez auront confirmé le choix de carrière de Sandrine Filiatrault. « Je n’aurais pas pu espérer mieux ! J’ai observé comment la pratique familiale fonctionne à Montréal, et cela a fortifié mon désir de travailler en région. En ville, la réalité est plus complexe, la bureaucratie plus lourde, surtout pour les immigrants. Quoique, en région, il y a d’autres défis… », conclut, songeuse, la jeune femme.