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L'invitation d'un médecin de famille à une étudiante

L'expérience de Catherine Cournoyer

par Claudine Auger
2011

Nos origines marquent notre destin. Parfois, plus que d’autres. Dans le cas de Catherine Cournoyer, jeune femme dynamique de 21 ans, le cas se confirme. Ses deux parents sont médecins et, si elle affirme « ne pas avoir toujours su qu’elle voulait faire ça », à l’évidence, la voie s’est gravée à son insu.

Après une année de prémed à l’Université de Montréal, la jeune étudiante termine sa première année de médecine avec enthousiasme. Et l’appel se concrétise : Catherine Cournoyer se dit très intéressée par la médecine de famille et la médecine d’urgence. Tout comme sa mère.

Le 12 mars dernier, l’étudiante a été accueillie par le Dr Gilles Julien et son équipe, au centre d’Assistance d’enfants en difficulté (AED), située dans le quartier Hochelaga, à Montréal. Dans le cadre du stage que Catherine Cournoyer a gagné lors du 2e Symposium étudiant de médecine familiale, offert par Médecins francophones du Canada , elle a eu le plaisir de choisir la pratique du célèbre pédiatre social comme lieu d’observation pratique. Un privilège recherché par plusieurs, comme cette collègue venue de Vancouver cette même journée, afin d’en apprendre davantage sur le fonctionnement du centre de pédiatrie sociale.

Rejoindre l’humain, une pratique de la confiance

Le déroulement de cette journée de stage avec le Dr Gilles Julien était simple : la rencontre des patients au centre AED. La dynamique, pourtant, a étonné Catherine Cournoyer : « Ce sont des rencontres avec plein de monde! Le Dr Julien n’est pas seul avec son jeune patient et son parent. Il y a toujours le travailleur social du centre, des éducateurs de l’école, parfois un représentant de la DPJ (Direction de la protection de la jeunesse), ou d’autres intervenants. » Plus surprenant encore, tout ce beau monde travaille de concert, intervient, enrichit la rencontre… « sans pour autant intimider les enfants! », s’est exclamée l’étudiante. Selon elle, si les jeunes patients ne sont pas gênés par tant d’adultes, c’est que leur présence est régulière.

Après quelques secondes de réflexion, Catherine Cournoyer poursuit : « Il y a aussi le fait que le Dr Julien est vraiment proche des enfants. Il se souvient de leur nom, de mille détails sur eux sans même avoir relu leur dossier! Les enfants sont tellement à l’aise avec lui! » La relation va au-delà du patient; elle rejoint l’humain. Fascinée par ce lien de confiance développé par le pédiatre – « qui connaît souvent la famille élargie, ayant traité le parent lui-même, ou un neveu, ou un cousin » –, l’étudiante souligne la qualité des informations qu’il recueille. « Le Dr Julien questionne avec habileté, il va chercher des éléments pertinents sans tourner autour du pot. Je voyais où il s’en allait avec ses questions, ça correspondait avec ce que j’avais vu dans mes cours! », ajoute Catherine Cournoyer avec admiration.

Avant de reprendre les rencontres de l’après-midi, le Dr Julien a personnellement fait visiter les installations du centre, expliquant à la jeune stagiaire les détails de son fonctionnement. Pour l’étudiante de 1re année de médecine, l’inspiration est grande.

Catherine Cournoyer explique que le Dr Julien et le travailleur social du centre ont discuté des rencontres, une fois celles-ci terminées, révisant ensemble les cas de la journée. Elle retiendra ce lien de confiance que le pédiatre réussi à développer avec ses patients et ses collaborateurs. « Bien que la DPJ soit parfois impliquée, le Dr Julien sait gérer la tension et guider l’équipe vers des compromis », résume-t-elle,  imprégnée par le savoir-faire et l’humanisme du célèbre pédiatre.

Au-delà de la théorie

Catherine Cournoyer l’admet volontiers : elle n’avait jamais été encore exposée à la clientèle particulière du Dr Gilles Julien, ni à sa manière beaucoup plus large de pratiquer la médecine. « Nous avons un stage hebdomadaire à l’hôpital où nous pratiquons des examens physiques. Mais nous n’intégrons jamais la dimension biologique à la perspective du patient, son contexte socio-économique. Nous avons aussi des conférences sur les soins en milieu défavorisé, mais ce n’est pas tangible pour nous », explique l’étudiante en médecine.

En outre, elle raconte qu’elle ne s’attendait pas à ce qu’un travailleur social, attaché au centre, soit présent lors de chacune des rencontres. « À l’école, on nous parle de travail interdisciplinaire. Mais finalement, ça se limite à discuter entre professionnels après les rencontres individuelles avec les patients », précise Catherine Cournoyer. Elle retient la richesse de ces rencontres où tous les professionnels présents peuvent apporter leurs idées sur le vif. Une pratique interdisciplinaire intégrée qui maximise les ressources disponibles.

Ravie de cette expérience qu’elle qualifie de « fabuleuse », Catherine Cournoyer a grandement apprécié cette occasion de concrétiser ses apprentissages et de dépasser le cadre théorique. Intéressée à la clientèle adolescente, qu’elle a découverte en faisant du bénévolat à l’Hôpital Ste-Justine, la jeune étudiante voit déjà comment certains outils utilisés par le pédiatre pourraient répondre aux besoins spécifiques des ados. Reconnaissante, elle remercie chaleureusement le Dr Julien, un médecin d’un dévouement hors du commun et l’association qui lui a offert cette occasion unique.