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L'invitation d'un médecin de famille à un étudiant

L'expérience de William Bédard Michel

par Claudine Auger

En ce début de mars printanier, William Bédard Michel a profité de la relâche universitaire pour se rendre à Québec, à l’Hôpital Saint-François d’Assise. La Dre Johanne Blais l’y attendait afin de partager avec le jeune étudiant en médecine de l’Université de Sherbrooke (campus Saguenay) une journée de sa pratique de médecine familiale. « Dre Blais m’a accueilli avec chaleur, je me suis tout de suite senti à l’aise! », affirme le jeune homme.

La journée s’est déroulée auprès de la clientèle relativement âgée de la médecin de famille. Afin d’élargir l’expérience, Dre Blais avait organisé pour l’étudiant deux rencontres en pédiatrie avec une de ses collègues.

Pour William, qui avait déjà eu l’occasion de réaliser quelques stages, ce milieu lui a permis d’explorer une autre facette de la médecine : « Dans un stage de deux semaines en hôpital, j’ai exploré une nouvelle spécialité chaque jour, par rotation. J’ai même assisté à une chirurgie à cœur ouvert… voir un cœur battre devant soi, c’est unique!

Durant ma journée avec Dre Blais, j’ai été étonné de constater à quel point on peut s’attacher à des patients, un lien très fort construit au fil  d’un suivi de plusieurs années. »

Le jeune étudiant, qui confie ressentir un intérêt certain pour la médecine familiale,  apprécie le contact humain particulier à cette discipline que, selon lui, d’autres spécialités ne permettent pas.

L’apprentissage terrain

Enthousiasmé par cette opportunité d’explorer le terrain, l'étudiant en médecine raconte avoir bénéficié de la générosité de son mentor d’un jour. « Dre Blais me laissait prendre la parole naturellement, me posait des questions et me laissait faire les manipulations. Pour un étudiant de première année comme moi, ces gestes simples sont concrets, ils permettent de dépasser la seule observation. Je me sentais comme faisant parti de cette équipe, même si je n’étais qu’un étudiant de passage! »

Entièrement absorbé par cette passion pour la médecine qui s’est dévoilée à lui lors d’un cours de biologie au Cégep, William avoue avec une candeur désarmante : « Aller à l’hôpital, c’est m’amuser! J’adore étudier la médecine, et malgré la charge de travail, je profite de chaque moment! ».

Il se dit marqué par la souffrance globale qu’il a constaté parmi les patients de la Dre Blais : « C’était un style de patients que je n’avais jamais rencontrés, plusieurs atteints de maladie chronique et affectés par une situation pénible, une lourdeur de vivre. » Le jeune étudiant en médecine a noté l’effet bénéfique que peut avoir le simple fait d’échanger avec son médecin, d’être écouté. Il retiendra, entre autres, la bienveillance démontrée par Dre Blais à l’égard de ses patients. « J’ai appris des choses sur les maladies… mais aussi sur la vie en général. »

L’énergie de la passion

Natif de Charlesbourg, dans la région de Québec, le jeune homme de 18 ans est déménagé à Chicoutimi pour étudier la médecine au campus Saguenay de l’Université de Sherbrooke. Au début de son parcours collégial, après avoir confirmé son intérêt pour les sciences de la santé, il a travaillé avec acharnement pour augmenter sa moyenne scolaire. Ceinture noire de karaté, joueur de soccer accompli, il met alors le sport de côté pour se concentrer sur les études.  «  Je ne pensais pas être accepté en médecine parce qu’au secondaire, même si je réussissais bien, je n’étais pas premier de classe. Par contre, j’ai toujours aimé les sciences, j’aidais mes camarades en chimie, je voulais être chercheur. Au Cégep, j’ai aimé pouvoir développer des liens étroits avec ma cohorte de 60 étudiants et profiter d’un enseignement centré sur les projets d’envergure. Aussi, j’étais fasciné par la génétique et les lectures scientifiques.»

Aujourd’hui, l’étudiant en médecine a réintégré le sport à sa routine hebdomadaire puisqu’il lui « faut ça pour décompresser ». William est engagé dans le Club de médecine familiale de sa faculté et participe au projet Osmose qui, par des séances d’information dans les écoles, vise à démystifier les préjugés liés à la santé mentale, un sujet qui le touche beaucoup.

Volubile, enthousiaste, le jeune homme communique avec aisance. Son bien-être est palpable. « J’ai trouvé ma voie en médecine! J’adore ça! Je trouve que c’est plus facile qu’au Cégep : la charge de travail est plus grande, mais ma motivation est décuplée! »