Recherche

L'invitation d'un médecin de famille à une étudiante

L'expérience de Marie-France Leduc

par Claudine Auger

Se tourner vers l’autre

Marie-France Leduc, 21 ans, est volubile, vive, curieuse et animée d’un sincère désir d’aider son prochain. Véritable fil conducteur de ses expériences qu’elle qualifie de tous azimuts, de ses activités de sauveteur et de secouriste à son engagement bénévole soutenu tout cela orientera, finalement, son choix de carrière en médecine. 

La curiosité l’a d’abord poussée à s’engager dans le Club Amnistie Internationale alors qu’elle était étudiante au secondaire au Collège Jean-Eudes. À la même époque, la concentration globe-trotter, à laquelle elle est inscrite, lui permettra d’élargir son regard vers d’autres horizons : « Manger dans un restaurant libanais, visiter une église ukrainienne, explorer le musée Pointe-à-Callière… chaque semaine, nous avions une sortie pour découvrir les différentes cultures qui construisent Montréal », explique la jeune femme, visiblement encore sous le charme de ce programme qui la mènera finalement, à la fin de ses études secondaires, en Équateur, pour un voyage communautaire de deux semaines.

Plus récemment, elle retrouvera ce même désir d’aider l’autre chez le Dr Gilles Julien. Touchée par cette motivation quotidienne qu’elle a sentie chez le célèbre fondateur de la pédiatrie sociale, la jeune femme se dit inspirée par cette rencontre marquante. Quant au Dr Julien, il l’a chaleureusement accueillie, le 12 juin dernier, à son centre de pédiatrie sociale en communauté (CPSC), dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, à l’occasion d’un stage d’une journée offert par Médecins francophones du Canada que Marie-France Leduc a gagné lors du 3e Symposium étudiant sur la médecine familiale.

Comme à la maison

Avec humour, Marie-France raconte sa perplexité lorsqu’elle est arrivée devant l’édifice du CPSC : « Je n’étais pas certaine que c’était là! C’étaient des duplex, rien à voir avec l’apparence habituelle d’une clinique! J’ai vérifié plusieurs fois, c’était pourtant la bonne adresse… alors je suis entrée! » Elle décrit l’ambiance conviviale où les airs de domicile créent assurément un lieu familial, accueillant, rassurant.

La jeune étudiante en médecine a été impressionnée, par la complicité entre les membres de l’équipe que lui a présentés le Dr Julien. « On les sent très soudés. Lors du dîner, le Dr Julien, qui devait s’absenter, m’a confiée aux bons soins d’une travailleuse sociale. Nous avons mangé tous ensemble, dehors. » Elle souligne, entre autres, son étonnement devant l’importance, pour le Dr Julien, de toujours être accompagné d’un professionnel de son équipe lors de ses rencontres avec ses petits patients et de leurs parents – accueillant habituellement, en plus, d’autres personnes de l’entourage de l’enfant, de son milieu scolaire par exemple, tous réunis autour d’une table. Une façon de faire qui bouscule l’image classique du médecin derrière un bureau feutré.

Plus fascinant encore, la stagiaire d’un jour mentionne le Garage à musique  qui, en plus d’offrir de l’accompagnement scolaire adapté, ouvre un univers fantastique aux jeunes de tous les âges : salles de pratique collective, station de radio, salle de montage… de quoi permettre à des passions de s’épanouir!

L’amour des enfants

Il s’agit d’observer ne serait-ce qu’un instant le Dr Julien entouré d’enfants pour ressentir l’amour qu’il leur porte.

Marie-France gardera le souvenir d’un pédiatre capable de générer une confiance véritable, d’un homme comblé par ce lien viscéral qui l’unit aux enfants.

« Les familles entrent dans son bureau, en confiance, ouvrent leur vie au Dr Julien, sans gêne de lui poser toutes leurs questions. Il n’a même pas besoin de consulter les dossiers… il connaît le vécu de ces familles, leur histoire! Il est impliqué, entièrement! Il VEUT les aider, il VEUT s’engager auprès d’eux. J’espère, comme médecin, être capable de développer un tel lien de confiance! »

L’étudiante en médecine poursuit sur les accomplissements incroyables d’un homme d’une humilité peu commune. « Il veut tellement aider, même moi, qu’il ne connaissait pas, je sentais qu’il voulait m’aider! C’est cette simplicité, cette générosité qui font qu’on se sent si à l’aise avec lui », explique la jeune femme.

Quant à Marie-France, elle a toujours adoré travailler avec les enfants et s’oriente vers la pédiatrie. « Quelle chance d’avoir pu suivre le Dr Julien pendant une journée! Je suis reconnaissante d'avoir pu tâter le terrain, de constater la variété de la tâche : une fillette d’un an et sa maman que le Dr Julien a aidé à trouver un logement, le suivi avec l’école pour mettre en place ce qu’il faut pour le bon développement d’un jeune patient ou la discussion avec un adolescent de 16 ans qui venait de lâcher l’école… J’ai compris les fondements de la pédiatrie sociale : une implication de toute la communauté pour une approche globale qui gravite autour de l’enfant. »

Surmonter l’échec

Ce stage avec le Dr Julien aura grandement inspiré Marie-France. Il faut dire que le début de son parcours à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal ne s’est pas fait sans heurt, confie-t-elle avec simplicité : « Dès la première session du Premed, j’ai obtenu un échec dans un cours. J’avais toujours été première de classe, j’étais vraiment démoralisée! » Naturellement douée, l’étudiante maintenait aisément de bonnes notes, sans avoir développé de technique de travail efficace.

« J’ai eu un autre échec à la session suivante, et un échec à l’examen de reprise. Je vivais aussi des difficultés personnelles, alors je suis allée chercher de l’aide. Aussi, après une rencontre avec les gens de la faculté, on m’a permis de recommencer l’année préparatoire, que j’ai finalement réussie avec succès! J’ai mis les efforts nécessaires pour aller mieux. J’ai réalisé que je désire vraiment être médecin! » Plus motivée que jamais, Marie-France entreprendra à l’automne sa première année de médecine. Médecins francophones du Canada lui souhaite bon succès!!