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Témoignage du Dr Raymond-Marie Guay

Engagement durable


 

Depuis peu, Médecins francophones du Canada a un nouveau partenaire, Collaboration santé internationale (CSI), organisme qui, par la récupération et l’envoi de matériel médical et de médicaments, vient en aide aux populations aspirant à une plus grande responsabilisation de leur propre développement dans les secteurs de la santé et de l’éducation. À cette occasion, Médecins francophones du Canada vous présente l’initiateur de cette collaboration prometteuse, le Dr Raymond-Marie Guay.

Désir de changer le monde

Le Dr Raymond-Marie Guay est allé dix-neuf fois en Haïti. C’est d’ailleurs lors de ces expéditions, où il se rendait pour évaluer et travailler dans la brousse, qu’il a rencontré le Père Célestin Marcotte, fondateur de CSI. « La première fois, sœur Tremblay, une infirmière qui revenait au Québec pour quelques jours de vacances, m’a suggéré de venir en Haïti. C’était en 1971, et il n’y avait pas un seul ORL dans tout le pays », se souvient le spécialiste. « Elle m’a convaincu, et nous sommes partis avec un collègue anesthésiste et quatre infirmières. Sœur Tremblay nous a accueillis dans son dispensaire en montagne. » C’est là, sur place, sur une table de bois, que l’équipe opérait. « Nous avons réalisé 225 opérations en 15 jours », poursuit fièrement l’homme de 87 ans, qui y retournera ensuite régulièrement. Avec émotion, le Dr Guay raconte qu’il a appris plus qu’il n’a donné, devant des situations de grande misère. « J’ai vu des enfants mourir de faim : ils arrivaient squelettiques et mouraient dans la journée. Il était trop tard. »

Avec le temps, des professionnels de la santé québécois, belges ou hollandais viendront prêter main-forte au petit groupe de Sœur Tremblay, formant une équipe locale autonome. « Un médecin rwandais, formé en Belgique et ayant quitté Kigali de justesse, s’est joint à nous. Il effectuait les opérations générales, et lors de nos passages, nous l’aidions pour les opérations complexes. À la longue, il a pris de l’expérience », explique le Dr Guay.

Établir des ponts

Entre temps, Dr Guay s’implique également auprès de CSI, et accepte la présidence de l’organisme à la fin des années 1970, à la demande du Père Marcotte. « C’était un homme d’exception, un véritable meneur », ajoute le Dr Guay, membre de Médecins francophones du Canada depuis très longtemps et qui mettra les deux organismes en contact. « J’ai discuté avec la responsable du développement de CSI, je l’ai mise en lien avec Médecins francophones du Canada. À partir de là, l’entente s’est tissée. Le coupable, c’est moi », confirme-t-il en riant. Selon lui, le partenariat, qui favorisera le rayonnement des deux organismes, ne peut que décupler les forces et mènera à des projets intéressants pour les pays dans le besoin. Quant aux médecins intéressés par cette forme de pratique, ils pourront se tourner vers des partenaires fiables qui soutiennent leur travail à l’étranger. « Ce sont des expériences extrêmement gratifiantes. La reconnaissance des gens, c’est plus qu’un salaire ! »