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Modèle de coordination clinique pour mieux répondre aux besoins des patients

Par Claudine Auger

Dre Diane Poirier

S’appuyer sur une première ligne forte
Les acteurs du système de santé s’accordent pour dire que la mission d’un système de santé efficient est d’offrir les meilleurs soins aux patients, à l’endroit le mieux indiqué. Malgré des efforts soutenus et concertés, les débordements des urgences ainsi que l’accès difficile continuent de faire les manchettes. Forte de son expérience en tant que coordonnatrice médicale pendant plus de quinze ans, la docteure Diane Poirier, présidente de Médecins francophones du Canada, croit que l’on peut encore améliorer notre système de santé en s’appuyant sur une première ligne forte. « Il faut s’arrimer aux besoins des patients qui n’ont bien souvent que l’urgence comme porte d’entrée aux soins », explique la docteure Poirier qui a réfléchi à un nouveau paradigme de coordination clinique.

« Notre modèle se compose de deux volets : le volet intra-hospitalier, qui déploie des moyens concrets pour améliorer l’efficience des hôpitaux, et le volet communautaire, qui s’assure d’accueillir les patients au bon endroit selon leurs besoins spécifiques », dévoile Dre Poirier, précisant qu’en s’appuyant sur une première ligne forte et informée des services disponibles dans tout le réseau, la population pourrait être orientée au meilleur endroit.

« Notre réseau est complexe, et beaucoup d’offres ne sont pas connues des professionnels de la santé. Évidemment, la population doit avoir accès à un médecin de famille et d’ici quelques années, avec les nouvelles cohortes, cet accès devrait s’améliorer », poursuit la docteure Poirier, ajoutant que le manque de liaisons entre la première et deuxième ligne et le plateau technique déjà existant doit être optimisé.
 

Un tandem fortifié
Malgré tout, si nombre de soins peuvent être donnés à l’extérieur de l’hôpital, le milieu hospitalier demeure souvent le passage obligé. La partie centrale du modèle propose une coordination renforcée en milieu hospitalier grâce à un coordonnateur médical et un coordonnateur clinico-administratif. Il existe actuellement, dans le milieu hospitalier, un gestionnaire qui évalue la durée de séjour et attribue les lits quotidiennement. Mais l’allocation des lits, distribués selon la disponibilité et les congés planifiés, ne tient pas toujours compte des besoins en soins ou des alternatives du réseau. Ce nouveau tandem permettra d’évaluer et d’offrir la meilleure approche pour le patient ainsi que le lieu de soins le plus pertinent.

« Il faut pouvoir, chaque jour, juger de la pertinence des admissions, rediriger les patients selon l’intensité des soins et services requis et planifier les congés des patients lorsque l’hôpital n’est plus nécessaire, et ce, en toute sécurité », insiste la docteure Poirier. Dans le contexte actuel où les ressources sont souvent mal connues, devant des soins à domicile qui semblent dans certains milieux insuffisants, les médecins traitants ont parfois des réserves à donner un congé à leurs patients. Pendant ce temps, des patients quittent l’urgence sans avoir obtenu de soins parce que l’attente est parfois très longue.

« Le tandem de coordination clinique de notre modèle aidera les médecins, les professionnels de la santé et les gestionnaires à utiliser avec rigueur et justesse les lits d’hospitalisation, les plateaux techniques et l’ambulatoire. En supportant davantage les clientèles vulnérables, en exploitant avec force des services à domicile et les services ambulatoires, les consultations en milieu hospitalier seront optimisées, en plus d’améliorer l’efficience des urgences. »

La docteure Diane Poirier vous invite à découvrir et discuter ce nouveau paradigme de coordination clinique lors de la formation en cogestion du prochain Congrès annuel de médecine de Médecins francophones du Canada qui aura lieu le 26 octobre prochain.