Recherche

Le silencieux cancer de l’ovaire, une formation pour mieux l’entendre!

par Claudine Auger

 

Être à l’écoute
Le cancer de l’ovaire œuvre sans bruit, sournois et méconnu, d’autant plus difficile à repérer. « Le taux de mortalité de ce cancer est élevé, car généralement, on le détecte à un stade avancé, lorsque les cellules cancéreuses se sont propagées partout dans l’abdomen. Il est alors souvent trop tard », explique Dre Francine Borduas, professeure agrégée de clinique à la Faculté de médecine de l’Université Laval et présidente du comité stratégique de formation professionnelle continue de Médecins francophones du Canada. Ce médecin de famille de la région de Québec, depuis toujours étroitement engagée dans la formation continue, a récemment participé au développement d’un programme de formation sur le cancer de l’ovaire avec des capsules sur les cancers vulve, de l’endomètre et du col de l’utérus qui seront diffusés par Médecins francophones du Canada par le biais de ses colloques régionaux et sur demande. Surveillez l’annonce de lancement bientôt.

Compte tenu de l’actuel taux de mortalité du cancer de l’ovaire et des chances décuplées de prolonger la survie lorsque le cancer est traité précocement, le projet a obtenu une subvention à visée éducative de Cancer de l’ovaire du Canada. « La formation a été développée par le vice-président de l’association, le Dr Réjean Savoie, gynécologue-oncologue du Nouveau-Brunswick, et la Dre Diane Provencher, chercheuse clinicienne et gynéco-oncologue au CHUM. Lors du récent Congrès annuel de médecine, nous voulions valider le programme avec un groupe restreint de médecins, mais la demande a dépassé tout ce que nous prévoyions et nous avons donc ouvert la session à l’ensemble des participants », raconte dans un sourire Dre Borduas, heureuse d’un tel enthousiasme.

Visée ambitieuse
Alors que le cancer de l’ovaire est la cinquième cause de décès par cancer chez les Canadiennes et la principale cause de mortalité lié à un cancer gynécologique, les initiateurs de la formation avaient en tête nombre d’objectifs à atteindre. « Nos objectifs sont nombreux, notamment de sensibiliser les médecins aux symptômes non spécifiques qui permettent d’éveiller les soupçons face à la possibilité d’un cancer de l’ovaire pour s’orienter rapidement vers l’investigation afin d’intervenir le plus tôt possible.

Autres cibles de la formation : permettre aux médecins de mieux comprendre l’approche thérapeutique combinée avec chirurgie de cytoréduction maximale et chimiothérapie. Finalement, en plus de discuter des moyens de prévenir le cancer de l’ovaire, la formation aborde les facteurs de risque et les aspects génétiques associés au cancer de l’ovaire », précise Dre Borduas.

Puisqu’aucun test de dépistage suffisamment précis ne permet de détecter précocement le cancer de l’ovaire, il importe pour les médecins d’être proactifs face à l’investigation. « Oui, le marqueur CA125 est un indicateur possible, mais il ne peut être utilisé comme outil de dépistage du cancer de l’ovaire. Toutefois, tous les doutes cliniques doivent conduire à l’investigation », insiste Dre Borduas.

Formation en deux volets
Le programme de formation se présente en deux volets : un premier centré exclusivement sur le cancer de l’ovaire et un second sur les autres cancers gynécologiques, le message demeurant pourtant le même, être à l’écoute des symptômes.

Le volet sur les autres cancers gynécologiques présente de courtes capsules sur le cancer de la vulve, de l’endomètre et du col de l’utérus. « Pour ces cancers, un traitement précoce améliore considérablement le pronostic. Le cancer du col de l’utérus peut même être prévenu, notamment grâce au vaccin contre le VPH, offert dans les écoles aux fillettes de 4e année, mais également pour les femmes actives sexuellement jusqu’à l’âge de 45 ans », ajoute la Dre Borduas.

Accessible, pratique, concret, ce programme de formation vise la sensibilisation des médecins de première ligne et des professionnels de la santé. « Soyons à l’écoute des symptômes. Par exemple, des symptômes abdominaux ou urinaires peuvent cacher un cancer de l’ovaire, des démangeaisons à la vulve ne sont pas nécessairement le signe d’une vaginite… mais peut-être celui d’un cancer de la vulve », signale Dre Borduas, qui répète qu’une détection précoce et une intervention rapide peuvent, dans certains cas, changer un pronostic… et sauver des vies.

Pour plus d’information sur le programme, surveillez nos communications sur la disponibilité du programme de formation ou consultez medecinsfrancophones.ca