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Capsule tirée de la conférence de la Dre Marie-Françoise Mégie

L'ABC des soins de plaies

par Claudine Auger

Plaie chronique sous l’angle de la santé globale

Devant une plaie, la première question qui viendra à l’esprit du professionnel de la santé sera certainement la suivante : « Qu’est-ce que je devrais mettre là-dessus? » Dre Marie-Françoise Mégie, médecin de famille, suggère plutôt de recadrer la question dans une optique plus large : « Après avoir examiné le patient, qu’ai-je trouvé? »

En effet, selon la Dre Mégie, il importe, dans une première étape, d’évaluer de façon globale l’état de santé d’un patient souffrant d’une plaie chronique. Notons qu’en général, on parle de plaie aiguë lorsqu’il s’agit de lacération, brûlure, plaie chirurgicale ou autre de même nature. La plaie chronique se distingue par un processus de cicatrisation retardé ou compromis, au point de ne pas arriver à une intégrité fonctionnelle et anatomique adéquate, et dont le temps de cicatrisation s’étend au-delà de 6 à 12 semaines. La santé générale du patient donne des informations précieuses au médecin traitant, puisque dans le contexte de maladies chroniques telles que le diabète, l’insuffisance veineuse, la maladie artérielle périphérique ou la néoplasie, une simple plaie traumatique devient une plaie chronique. En présence d’une plaie, et après avoir examiné le patient, Dre Mégie suggère de vérifier ses dimensions et le potentiel de cicatrisation.

Distinguer la phase de cicatrisation

Le plan d’intervention permettra d’identifier les objectifs de soins, dont découleront des catégories de produits à utiliser.

  • La phase inflammatoire est l’étape où la plaie « s’auto nettoie » : on remarque une fuite de plasma et de leucocytes au niveau de la plaie (œdème, rougeur, chaleur, douleur, exsudat). À cette phase-ci, la plaie devrait être nettoyée pour favoriser le développement de tissu de granulation. Il importe de prévenir la macération avec un produit approprié et de bien gérer l’humidité. En cas de phase inflammatoire prolongée (voir la 2ecolonne du tableau : « plan d’intervention selon les phases de cicatrisation »), un agent antimicrobien peut être appliqué sur la plaie. 
  • Durant la phase de prolifération, il y a libération continuelle de facteurs de croissance par les macrophages, favorisant la formation de tissus de granulation, de nouveaux capillaires, la contraction et le rapprochement des berges de la plaie, le développement des protéines contractiles (myofibroblastes) et la synthèse du collagène. Bref, la cavité se comble. Le tissu de granulation devrait être rosé et des bourgeons d’épithélialisation (petits points blancs) signalent le processus de recouvrement de la plaie. Chez l’individu qui guérit bien, le traitement vise à protéger le tissu de granulation. Un tissu de granulation violacé est signe d’infection. 
  • La phase de maturation et de remodelage dure environ un an. Durant un si long processus, le patient doit recevoir l’éducation nécessaire pour que la plaie guérisse bien.

Plan d'intervention selon la phase de cicatrisation