Recherche

Prescription : Nature

Concentré de forêt à Ferme-Neuve

Du 29 au 31 août prochain, Médecins francophones du Canada accueillera les participants du Colloque sur le bien-être des médecins au Parc régional Montagne du Diable, dans les Hautes-Laurentides, pour une édition axée sur les bienfaits de la nature sur le bien-être général.

 

Vivre l’expérience
Le Colloque sur le bien-être des médecins n’est pas un colloque conventionnel. Le président de son comité scientifique, le docteur Luc Laurin, insiste sur cet aspect fondamental : « Nous ne sommes pas assis à assimiler de la théorie. C’est en vivant l’expérience, en nature, que nous intégrons les connaissances. Cette idée a toujours été à la base de nos colloques expérientiels ! »

Au programme, des activités physiques en plein air, évidemment. « De plus en plus, on découvre les propriétés bienfaisantes que la nature ajoute à l’exercice et la forêt en décuple les effets. Dehors, on bouge plus et plus longtemps. C’est pour ça que j’ai acheté des terres ! Je déteste les gymnases ». Le Dr Laurin souligne également qu’en ce moment, beaucoup de gens s’adonnent à un sport avec une optique de performance. « Ils veulent des résultats précis, et c’est correct, mais je crois qu’il faut aussi voir ça sous un autre angle. En nature, pas besoin de programmer une machine pour un parcours avec plus ou moins d’intensité… les sentiers vous l’offrent dans la découverte des détours, des montées et des descentes. En plus, à la Montagne du Diable, les superbes pistes de vélo de montagne, de course et de marche conviennent à tous, même aux accros de sensations fortes ! »

Le colloque offre également un atelier de cuisine méditerranéenne inspirée des produits biologiques locaux, en plus de conférences à l’extérieur, des sessions de méditation de pleine conscience et des activités de plein air telles que le rabaska, le kayak et le shinrin-yoku. « Le but, c’est de se laisser séduire par la nature et de profiter de ses bienfaits. En étant convaincu de ce qu’elle apporte, pour la santé physique et psychique, on saura mieux convaincre nos patients », précise le Dr Laurin.

Shinrin-yoku : le chemin de la forêt
Au début des années 1980, dans des forêts japonaises, des chercheurs se sont intéressés à des sentiers de santé, déjà ancrés dans l’hygiène populaire nippone, et pour lesquels ils ont créé un terme nouveau : le shinrin-yoku. Un programme sanitaire national japonais leur a alors permis de commencer à récolter des preuves scientifiques sur les effets bénéfiques de cette pratique, incitant du coup les gens à protéger une forêt qui leur apportait tant de bienfaits. Ces « bains de forêt », qui consistent en une marche lente en forêt avec les sens en éveil, favorisent l’absorption de molécules libérées par la végétation, les phytoncides, en plus de donner l’occasion de retrouver un certain lien perdu avec la nature.

Tel un éloge à la lenteur, ces promenades permettent de retrouver un équilibre physique et mental, réduisant le risque de maladies liées au stress et à l’environnement. C’est ce qu’explique le Dr Qing Li dans son livre Comment la forêt nous soigne. Pour ce médecin immunologiste au département d’hygiène et de santé publique à l’Université de médecine de Tokyo, membre fondateur de la société japonaise de sylvothérapie et chercheur sur le sujet depuis plus d’une douzaine d’années, la pratique du shinrin-yoku s’inscrit comme médecine préventive : elle ne guérit pas une maladie, mais renforce le système immunitaire, améliore la qualité du sommeil et la pression artérielle en plus de diminuer le taux de cortisol.

Elle-même séduite par la sylvothérapie, Bernadette Rey, fondatrice de Shinrin-yoku Québec et formatrice certifiée en shinrin-yoku par l’Association Nature and Forest Therapy, sera présente au colloque expérientiel de Ferme-Neuve pour initier les participants à cette technique nouvelle au Canada. Selon elle, la végétation de nos forêts québécoises s’accorde parfaitement à cette pratique thérapeutique, grâce à son abondance de pins, de cèdres, de bouleaux, d’érables et de chênes, tous des libérateurs naturels de phytoncides. « Concrètement, les sorties que j’anime s’échelonnent sur une journée : une marche dure en général de trois à cinq heures, entrecoupée d’une pause, d’un léger repas, de yoga et de technique de respiration », explique la guide, soulignant l’importance du silence et de la lenteur, alors qu’elle invite les marcheurs à prendre conscience de la forêt, à contempler, à respirer, à toucher et à utiliser tous leurs sens.

Depuis longtemps, le Dr Laurin rêvait d’inviter les participants d’un colloque sur le bien-être à Ferme-Neuve, « mais il nous fallait des infrastructures ! Grâce à notre communauté entièrement dévouée au développement de notre forêt, le Village des Bâtisseurs, à la construction de gîtes en montagne qui permettent l’hébergement des randonneurs ainsi qu’à l’aménagement du Pavillon Léopold-Papineau de la Montagne du Diable, nous avons tout ce qu’il faut pour offrir un colloque de grande qualité. Il ne manque que les participants pour en profiter! »

INVITATION
COLLOQUE SUR LE BIEN-ÊTRE DES MÉDECINS – Édition nature
En partenariat avec le Centre ÉPIC de l’Institut de Cardiologie de Montréal
Au programme, les ateliers pratiques et théoriques suivants :
  • Shinrin-yoku (ou « bain de forêt ») par Mme Bernadette Rey et Mme Sylvie Brossard, guides certifiées en shinrin-yoku
  • Un sommeil de qualité… indispensable au bien-être par le Dr Gilles Lavigne, titulaire de la chaire de recherche du Canada sur la douleur, le sommeil et les traumatismes 
  • La pleine conscience : dialogue entre l’expérientiel et la science et l’Interrelation entre pleine conscience et résilience au travail chez le médecin par la Dre Suzanne Paquette, psychiatre et mentor agréé pour l’enseignement de la thérapie cognitive basée sur la pleine conscience
  • Comment manger méditerranéen par Mme Élise Latour, diététiste-nutritionniste au Centre ÉPIC
  • Les bienfaits de l’activité physique en plein air par Mme Valérie Guilbeault, kinésiologue et coordonnatrice des programmes au Centre ÉPIC