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Le Gym liquide : plus d'excuses pour repousser la pratique d'exercice physique!

par Claudine Auger

L’entraînement aquatique : un avenir prometteur

L’aquaforme, sport particulièrement prisé en France et en Italie, est également pratiquée chez nous sous forme de cours de groupe en eau peu profonde offerts dans les piscines publiques. Mais depuis 2011, les Québécois peuvent s’entraîner au Gym liquide, avec de l’équipement d’un gymnase conventionnel, une nouvelle façon d’aborder l’entraînement aquatique. C’est au Centre sportif de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) que les intéressés peuvent profiter de cette approche novatrice, grâce à l’initiative d’Andrée Dionne, kinésiologue à la tête de ce projet de recherche : « Dit simplement, notre gymnase est dans l’eau, avec un circuit variable qui comprend vélo, trampoline, step, tapis roulants et aquajogging en eau profonde – avec ceinture flottante. Depuis peu, nous offrons même l’aquapole, la version aquatique du pole dancing, adopté par des gens de tous les âges », ajoute-t-elle.

Mme Dionne précise l’importance de kinésiologues qualifiés qui dirigent et supervisent l’entraînement : « En général, une vingtaine de personnes pratiquent leurs exercices dans l’eau sous l’œil attentif de 6 ou 7 kinésiologues. La différence avec l’aquaforme réside dans la qualification des moniteurs et dans le fait qu’en Gym liquide, chacun s’entraîne selon un parcours personnalisé selon sa condition physique et médicale. » Programme unique au Canada, son succès se répand peu à peu, de manière plus modeste : « Beaucoup de physiothérapeutes ou d’ergothérapeutes ont démarré des programmes dans l’eau en petits groupes. C’est vrai que les demandes explosent », explique la chercheuse, enthousiaste et convaincue que cette approche de l’exercice physique est l’entraînement de l’avenir, étant donné le vieillissement de la population, l’augmentation des maladies chroniques (diabète, obésité) ainsi que les nombreuses blessures musculo-squelettiques.

Un outil de choix pour les médecins

Les médecins prônent l’exercice et les saines habitudes de vie. Pourtant, certains patients se voient limités dans la pratique d’exercices physiques : « Un patient qui souffre d’arthrose, par exemple, a du mal à bouger et s’enlise dans un cercle vicieux : moins il bouge, plus sa condition s’aggrave », illustre le Dr Serge Goulet, médecin de famille et adepte du Gym liquide.

« Puisque dans l’eau, la charge pondérale est presque inexistante, cette forme d’entraînement donne accès à l’exercice cardiovasculaire et musculaire à des gens inactifs depuis longtemps. »

Selon le Dr Goulet, cette forme d’exercice est encore peu prescrite, par méconnaissance, simplement. « Les médecins ne connaissent pas toutes les ressources existantes.

Le Gym liquide est un excellent outil pour les médecins, il y n’y a presque pas de contre-indications. Il s’agit surtout d’être accompagné par des personnes qualifiées. » Quant aux patients, ils sont généralement réceptifs et les résultats suscitent l’enthousiasme. « J’ai une patiente de 88 ans qui prend autobus et métro pour se rendre deux fois par semaine à son entraînement! Il faut aimer ça », s’exclame le Dr Goulet, qui souligne l’aspect ludique non négligeable de l’entraînement aquatique.

Les bienfaits de l’eau

Contrairement à l’exercice au sol, les risques de blessure liés à l’entraînement aquatique demeurent minimes. Aussi, outre l’allergie au chlore – qui reste rare, ou les plaies actives, il y a très peu de contre-indications à cette forme d’exercice. Dans l’eau, un individu immergé jusqu’au cou ressent 90 % de moins sa charge pondérale. « Les bienfaits sont incroyables : l’effet de l’eau protège les articulations inférieures, diminue l’œdème, réduit les courbatures, améliore considérablement la capacité cardiovasculaire, développe les muscles stabilisateurs, apporte un effet de massage et refroidit le corps, rendant l’exercice plus confortable », explique le Dr Goulet. En outre, le cœur bat moins vite pour un effort similaire en terrain sec puisque le retour veineux se voit facilité par la pression hydrostatique et la flottabilité apportées par le milieu aquatique.

Mme Andrée Dionne, kinésiologue, ajoute que les personnes qui souffrent de douleur chronique bénéficient grandement et sans danger de ce type d’entraînement. Quant à ceux qui doivent subir une opération, l’entraînement peut faciliter l’intervention et sa récupération, et dans certains cas, la retarder.

Et pour les craintifs de l’eau, Mme Dionne ne se laisse pas impressionner : « Nous sommes équipés pour ça! On prend le temps, avec des nouilles si nécessaire, on marche avec eux dans l’eau pour les conduire aux vélos où ils sont stables pour pédaler. Ils prennent rapidement confiance. » Bref, plus d’excuses valables : pas même besoin de se mouiller les cheveux!

Pour information, pour référer un patient ou pour obtenir un programme spécialisé, contacter Mme Andrée Dionne : dionne.andree@uqam.ca ou 514 987-3000 poste 4092.

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