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Une nouvelle chaire de recherche lui est dédiée

L’Institut de Cardiologie de Montréal s’intéresse au déclin cognitif

Par Claudine Auger

Projet d’agrandissement
Ces derniers mois ont été mouvementés au Centre Épic, le centre de médecine préventive de l’Institut de Cardiologie de Montréal (ICM), alors que l’organisme s’active à un projet d’agrandissement qui permettra de doubler la superficie du secteur médical et d’aménager de nouveaux espaces de recherche, notamment dans le créneau du vieillissement et de la cognition. C’est la raison pour laquelle le Dr Louis Bherer, Ph. D., professeur titulaire au Département de médecine de l’Université de Montréal et spécialiste des changements cognitifs associés au vieillissement normal, s’est joint à l’équipe de chercheurs de l’ICM depuis septembre. « Ces dernières années, en tant que chercheur externe, j’ai réalisé plusieurs projets ponctuels avec l’ICM, qui est un véritable bijou pour la prévention depuis 40 ans », s’exclame le titulaire de la Chaire de rechercher Mirella et Lino Saputo en santé cardiovasculaire et prévention des troubles cognitifs de l’Université de Montréal à l’Institut de cardiologie de Montréal. Il se dit heureux de se joindre à cette équipe pour participer au développement de l’axe « recherche préventive » et de travailler auprès du Dr Martin Juneau, reconnu pour sa passion pour la prévention. « Mon objectif est de me pencher sur la création de programmes qui permettront de vérifier les meilleures pratiques dans une perspective de santé cognitive optimale grâce à différents facteurs protecteurs », précise le spécialiste du vieillissement cognitif.

Intervention préventive
D’abord venu à l’ICM pour recruter des participants pour ses projets ponctuels parce qu’il trouvait là les candidats idéaux, le Dr Bherer ne pouvait que trouver une écoute attentive auprès du Dr Martin Juneau, vu le lien entre exercice et santé cognitive : « De fil en aiguille, nous avons rêvé d’un laboratoire dédié au déclin cognitif afin d’étudier les impacts de différents facteurs sur le cerveau, cet organe complexe qui a besoin de ses rations de sucre et de nutriments, d’exercice physique et de stimulation cérébrale tout comme de relations sociales », explique Louis Bherer. Il suffit de l’écouter pour comprendre le zèle qui l’anime, dans ce domaine qui l’absorbe où tout semble encore à défricher : « Il y a tellement peu de données en prévention ! Il y a très peu, voire pas du tout, d’évaluations cliniques en intervention préventive pour la cognition », souligne le chercheur, qui vise regrouper d’importantes cohortes d’individus sédentaires, d’en assigner un groupe à un entraînement physique, un autre à une diète précise… et d’observer la meilleure intervention quant aux performances cognitives. « Parce que dans le fond, ce qu’on veut savoir, c’est le niveau de risque de développer une maladie encore inexistante ! »

L’exercice d’aérobie, allié du cerveau
On le sait, on le répète, les saines habitudes de vie sont la meilleure protection d’une bonne santé globale : exercice physique et alimentation riche en végétaux, mais aussi activité intellectuelle soutenue et activités sociales en quantité sont les véritables piliers d’un cerveau heureux. Alors qu’on vante une bonne hygiène de vie comme prévention de nombre de maladies chroniques, on entend peu sur leur pouvoir quant à la santé cognitive. « L’hypothèse la plus répandue repose sur l’irrigation sanguine du cerveau, stimulée grâce à l’exercice, et qui maintient en forme les facultés cognitives, comme la capacité d’analyse, la mémoire ou les fonctions psychomotrices et verbales », explique Louis Bherer. Dit simplement, les maladies cardiovasculaires menacent le bon fonctionnement du cerveau. En ce sens, mieux comprendre le lien entre maladie coronarienne, maladie pulmonaire ou désordre métabolique et santé du cerveau ne peut qu’augmenter significativement la motivation pour les individus à prendre en main leur santé globale : « Quand un individu comprend que son diabète ou sa douleur à la poitrine a un impact sur le processus cérébral qui peut le mener à une augmentation des risques de démence… la motivation à changer ses habitudes est tangible. Elle est même décuplée ! » De quoi méditer devant une savoureuse salade !