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Portrait

Dre Marianne Gagnon

« Si on n’a pas la passion, en médecine, on ne tient pas la route », s’exclame Marianne Gagnon, dont la pratique se partage entre le CSSS Les Eskers d’Amos et la santé publique. « Il y a toutes sortes de raisons de choisir la médecine, mais il importe avant tout d’y trouver du plaisir, car c’est une profession exigeante, parfois ingrate », explique Dre Gagnon, mère de 6 enfants et confiant avec simplicité que ces derniers ont passé quelques Noëls sans elle, alors qu’elle aidait ses patientes à accoucher. D’ailleurs, pour cette médecin qui prêche la prévention, elle se réjouit que la relève ait des priorités différentes et se préoccupe davantage d’un sain équilibre de vie. En ce sens, elle ne peut que soutenir Médecins francophones du Canada dans ses démarches de formation sur le bien-être des médecins.

Dre Gagnon adhère à l’association pour son rôle de promoteur du français : « Médecins francophones du Canada participe à garder la langue française vivante dans le domaine médical. L’image qui me vient, c’est une grande communauté internationale francophone, un réseau élargi qui dépasse nos frontières pour rejoindre, ailleurs, ceux qui parlent français. C’est formidable d’accéder ainsi à d’autres pratiques médicales dans notre langue! » En outre, cette francophone dans l’âme apprécie particulièrement les formations offertes par l’association : « Je participe au congrès annuel de l'association toutes les années, et à certaines autres formations également. J’aime l’ambiance conviviale, la variété et la liberté que permet le programme, multipliant les opportunités d’apprentissage grâce aux différentes activités, dont les repas-conférences. »

Originaire de l’Abitibi, Marianne Gagnon s’est entièrement dédiée à sa communauté, dans sa terre natale, même si, dit-elle, « la pratique en région n’attire par n’importe qui! » Généraliste obstétricienne et médecin-conseil faisant partie des équipes de lutte aux maladies chroniques, le principal dada de Dre Gagnon est la cessation tabagique. « Si les plus âgés fument de moins en moins, les jeunes sont la cible des compagnies de tabac : celles-ci mettent constamment en marché de nouveaux produits accessibles et attrayants. Elles ont énormément de moyens et utilisent toutes sortes de stratégies pour déjouer les tentatives de prévention mises en place par le gouvernement. » L’intérêt de l’omnipraticienne pour la prévention touche également le dépistage du cancer du col de l’utérus : elle participe aux campagnes annuelles de dépistage à Amos. « En tant que médecin, on a le désir d’aider, d’être utile. Pour moi, cette volonté passe par la prévention. Je crois que les choses changent dans la population, grâce à l’enseignement de meilleures habitudes de vie. Il y a moins de monde qui va prendre sa pause dehors pour fumer devant la porte, il y a plus en plus de gens qui participent à des courses amicales. Soyons conscients, aussi, que certaines personnes n’ont pas toujours un contexte propice au changement. » Patiente, empathique et confiante, Dre Gagnon demeure optimiste.