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Portrait

Dre Karine Boucher

Plusieurs de ses collègues lui vantaient les activités de Médecins francophones du Canada, alors Karine Boucher s’est inscrite une première fois à son congrès annuel. L’événement deviendra pour elle une formation incontournable, et elle adoptera du même coup l’association.

« Lorsque j’ai assisté au congrès, j’ai apprécié la qualité de la formation et j’ai pu, par la même occasion, mieux connaître Médecins francophones du Canada. En tant qu’association qui soutient la médecine en français, je me suis sentie interpellée par des préoccupations que je partage », explique Dre Boucher. Pour elle, les forces de l’association recoupent un souci pour la francophonie et de la formation de haute qualité, intégrées à une vision de la santé globale. Dans cette lignée, elle ajoute que la barrière de la langue peut considérablement augmenter le stress chez un patient. « Au-delà même de la langue, la communication est complexe. Imaginez lorsqu’il s’agit d’exprimer ses préoccupations à son médecin, dans un contexte où souvent les émotions entrent grandement en jeu, dans une langue qui n’est pas notre langue d’origine », dit-elle de sa voix enjouée. La jeune omnipraticienne confie son intérêt pour la santé mentale, qui ne peut être dissociée de l’état physique, et espère bien participer éventuellement à un colloque sur le bien-être des médecins organisé par l’association.

Médecin de famille de l’hôpital du Sacré-Cœur de Montréal et médecin en santé mentale à l’urgence psychiatrique du Pavillon Albert Prévost depuis 2002, Dre Boucher a su concilier ses intérêts pour se créer une pratique qui corresponde à ses passions : « J’ai hésité à prendre la voie de la psychiatrie, mais je craignais de mettre de côté cet aspect médical plus large de la pratique familiale qui permet d’établir un lien singulier et longitudinal avec le patient et ses proches. Et puis, la médecine familiale touche énormément à la santé mentale. Personne n’est à l’abri de la dépression, par exemple, ou de tout autre état de santé mentale lié à un contexte ponctuel et aux étapes et changements que nous traversons inévitablement », explique Dre Boucher, soulignant au passage les effets pervers d’une société de performance où l’individualisme fragilise les liens sociaux, diminuant du même coup le soutien de la collectivité.

Également engagée dans la formation des futurs médecins au département de médecine familiale et d’urgence de l’Université de Montréal, Dre Boucher s’intéresse à l’usage du cinéma dans l’enseignement de la médecine et des sciences de la santé, plus spécifiquement pour aborder la santé mentale, la communication avec le patient et les enjeux éthiques. Elle travaille actuellement à l’élaboration d’un guide pédagogique francophone portant sur le sujet, destiné aux médecins et autres professionnels de la santé qui enseignent. L’omnipraticienne ne peut nier sa ferveur pour la santé mentale… mais, en riant, elle avoue candidement voir beaucoup plus large : « Ma passion, c’est l’être humain, dans ses forces et ses fragilités qui sont intimement liées».