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Portrait

Dre Hawa Lina D'Apice

Avant même d’être membre de Médecins francophones du Canada, Dre Hawa Lina D’Apice fréquentait à l’occasion le congrès annuel de l’association. « Et quand l’association a changé de nom, j’étais présente au lancement. J’ai alors eu l’occasion de saisir la philosophie de Médecins francophones du Canada, et me suis entièrement sentie interpellée par ce souci d’une médecine de qualité, à ses formations en français qui permettent aux médecins de suivre le rythme et d’élargir leurs horizons. Lors du congrès annuel, je nourris ma curiosité scientifique, je ne suis pas limitée à mon champ d’expertise, et j’apprécie cette ouverture à des approches diverses », explique l’omnipraticienne installée en Abitibi.

Italienne d’origine ayant grandi dans le quartier Saint-Michel, Hawa Lina D’Apice n’aurait jamais imaginé s’exiler en Abitibi, deux fois plutôt qu’une. « La première fois que j’y ai mis pied, c’était avec un conjoint originaire de là-bas, et nous avions tous deux la volonté de vivre en région. » Lors de sa séparation, pourtant, elle revient à Montréal pour travailler quelques années à Rivière-des-Prairies. Puis, elle rencontre l’homme de sa vie, avec lequel elle fondera une grande famille – six enfants!, lui aussi originaire de cette région du Nord. Fascinant karma! « Ma pratique à Matagami est particulière, c’est une sorte de médecine de brousse. À deux heures de l’hôpital d’Amos, avec une population d’environ 2000 personnes – davantage si l’on compte ces nombreux travailleurs de la mine et du bois qui vont et viennent, ce fut, au début, toute une adaptation et beaucoup de stress devant les défis de cette pratique. Heureusement, je pouvais compter sur une grande entraide entre les membres de l’équipe », confie Dre D’Apice en riant à l’évocation de cette période. Il est vrai qu’en plus de cette adaptation professionnelle, la jeune maman a fait face à de grandes préoccupations familiales : « Notre aînée, aujourd’hui adolescente, a dû combattre la leucémie. » Une époque difficile, mais dont Dre D’Apice parle avec sérénité, peut-être parce qu’elle a su en tirer de grandes leçons. « J’ai certainement appris qu’il faut croire les parents! Savoir les écouter, accueillir leurs inquiétudes, les rassurer. Selon moi, la relation prime autant qu’un diagnostic. Ayant été ce parent vulnérable, je suis très sensible à cette dimension humaine », poursuit cette mère d’expérience.

L’humain étant ainsi au cœur de sa pratique de famille diversifiée, Hawa Lina D’Apice se décrit comme un médecin facile d’accès. « C’est vrai que je pratique dans un très petit milieu, mais les gens ne sont pas gênés de me confier leurs craintes, leurs inquiétudes, et je les accueille avec humilité, honorée de mériter leur confiance. En ayant six enfants, j’ai aussi une certaine crédibilité auprès des mamans », ajoute-t-elle avec humour. Pour le reste, elle aime chercher les réponses quand elle ne sait pas, fouillant à fond un sujet et faisant appel à des confrères. Déjà, vers l’âge de dix ans, marqué par l’histoire du célèbre combat du jeune Charles Bruneau, elle avait décidé de trouver des médicaments pour guérir les cancers. Plus tard, alors étudiante en médecine, elle s’engageait auprès de Leucan. « Dix ans plus tard, je me retrouvais de l’autre côté, en tant que parent. Mais mon parcours m’avait permis de prendre conscience d’une dimension humaine fondamentale. » Oui, le destin porte l’humain vers d’étranges chemins!