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Portrait

Dre Anne Magnan

Avec un humour teinté d’un rire contagieux, Anne Magnan révèle une des raisons pour lesquelles elle a adhéré à Médecins francophones du Canada alors qu’elle était étudiante en médecine: « C’est une association qui me fascinait, qui avait un certain prestige! Il me semblait qu’il y avait là des sages, et surtout, ils faisaient de la médecine en français. » Pour Dre Magnan, la défense et la valorisation d’une médecine en français demeurent l’âme de Médecins francophones du Canada. « C’est ce qui unit les membres, ce qui permet de créer des liens, entre médecins à travers le Canada, entre omnipraticiens et spécialistes; c’est un lieu de rassemblement où les différences n’importent plus. » Pour le reste, l’association se distingue par son travail en formation professionnelle continue et ses références médicales fiables, en français : une grande force, selon Dre Magnan. Enfin, elle ajoute être profondément touchée par un des prix décernés par Médecins francophones du Canada : « Le Prix des médecins de cœur et d’action prône des valeurs nobles, humaines, dans un univers où on a tendance à souligner, encore et toujours, la performance. Ce prix unique reconnaît des médecins qui œuvrent sur le terrain, souvent dans l’ombre, pourtant de véritables leaders dans leur milieu. »

Directrice générale du Programme d’aide aux médecins du Québec (PAMQ), Anne Magnan a quitté la pratique clinique pour se consacrer à la santé de ses confrères depuis plus de 10 ans. En 2010, elle a reçu le Prix Mérite du Conseil interprofessionnel du Québec pour son travail au service de ses pairs. Son objectif? Lever les tabous, abattre les obstacles qui freinent la consultation en cas de détresse, bref, changer la culture médicale. Rien de moins! « Tous les médecins sont des humains, mais notre culture continue de les considérer comme tout puissants, performants, inépuisables. Déjà, dès la formation en médecine, ce fait demeure très présent. On envoie un double message aux jeunes : on leur explique d’abord que la santé des médecins, ça existe, mais on ne leur donne pas l’espace nécessaire pour être humain, tout simplement », explique Dre Magnan, qui souligne toutefois que depuis quelques années, les choses ont évolué.

Tout semblait mener Dre Magnan au PAMQ. D’abord, ses expériences, dont sa pratique d’omnipraticienne en santé mentale et en médecine du travail, qui lui a permis de palper concrètement à quel point le manque de compréhension nuit à la réintégration au travail. Mais aussi, sa conception fondamentale  de la notion d’aide: «  La santé, c’est global. Il y a un lien profond entre la santé mentale et la santé du corps. Je m’intéresse à l’autre en tant qu’humain, c’est ce qui m’anime. J’adore l’humain, avec tout ce que ça implique », conclut-elle en riant. Ce qu’on constate, surtout, c’est la cohérence indéniable qui tisse la philosophie d’Anne Magnan.