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Portrait

Dr Ba Ngoc Dao

Originaire du Vietnam, Ba Ngoc Dao est arrivé au Canada en 1985. Après avoir passé son examen d’équivalence cette même année, le Dr Dao était bien déterminé à pouvoir de nouveau pratiquer la médecine. Pendant quelques années, entre un travail comme préposé aux bénéficiaires et une période intensive de « recyclage » en médecine familiale comme stagiaire-observateur, il réussit ses examens du Collège des médecins de famille du Canada en 1993. « J’ai appris le français à l’école primaire et j’ai étudié la médecine en français au Vietnam. Médecins francophones du Canada, une association qui fait la promotion du français et offre de la formation dans cette langue est très importante pour moi. J’aime le nouveau nom de l’association qui insiste sur le français et qui est plus facile à retenir », explique le Dr Dao. Il dit aussi être reconnaissant de « la contribution de l’association à différentes formes de transition des connaissances » et invite activement tous ses confrères à s’y inscrire. En 2001, le Dr Ba Ngoc Dao a obtenu le Prix des médecins de cœur et d’action, remis par Médecins francophones du Canada en collaboration avec L’actualité médicale, pour souligner son apport en santé à la société québécoise en tant que médecin venu d’ailleurs. En plus de ce prix, le Dr Dao s’est vu remettre, en 2012, la médaille du Jubilé de Diamant de la Reine Elizabeth II.

La principale motivation du Dr Dao, déjà même lorsqu’il était étudiant en médecine, est la compassion. Dans sa voix, on peut ressentir toute la bienveillance d’un homme qui conçoit l’humain dans une vision globale. Le bouddhisme, philosophie à laquelle il adhère, recherche l’unité et l’équilibre entre le corps et l’esprit. Pour lui, c’est une manière de vivre. Pour un homme, qui a connu l’enfer de la guerre et des camps de concentration, qui a été mobilisé dans l’armée comme médecin officier et qui a risqué sa vie plus d’une douzaine de fois pour fuir son pays avec sa famille, tant de sérénité et de persévérance forcent l’admiration. Aujourd’hui, encore très engagé dans la communauté vietnamienne du pays, il travaille pour la liberté de son peuple. 

Entre l’humilité du personnage et sa volonté de faire du bien autour de lui, le Dr Dao confie qu’il n’est pas « un vrai religieux, mais je respecte l’objectif : vivre avec les autres, vivre ensemble dans l’égalité et faire du bien. Dans mon cœur, il y a toujours cette compassion ». Alors, il œuvre pour soulager la souffrance des autres : « Je ne traite pas une maladie, je traite un patient. Occupons-nous de soigner l’humain dans tout ce qu’il est. La souffrance psychique autant que la souffrance physique. Quand j’arrive au travail, j’oublie tout le reste. Je me dédie entièrement à soulager la souffrance. » En plus d’offrir ses services dans les centres de soins de longue durée et les hôpitaux, le Dr Dao exerce dans les centres de détention de la région de Montréal : « Il faut gagner sa vie, soyons réaliste, et dans les prisons, on ne gagne pas beaucoup. Mais moi-même, j’ai été prisonnier, prisonnier de guerre. » Selon lui, chaque prisonnier a son histoire, des raisons qui l’ont mené là et chacun mérite d’être soulagé, mérite la compassion. « Il faut les connaître et les aimer », conclut cet homme de paix.