Recherche

Portrait

Dre Edmonde Gionet

Par Claudine Auger

Edmonde Gionet, originaire du Nouveau-Brunswick, n’a pas hésité à déménager sa famille à Bathurst pour que ses enfants apprennent un français convenable. « Le français a toujours été une valeur fondamentale pour ma famille. Je me souviens que lorsque j’étais petite, mon père nous interdisait d’écouter la télévision en anglais, en nous disant que l’anglais, nous allions l’apprendre, mais que le français était une langue magnifique, mais difficile. “Apprenez-la, protégez-la! ”, répétait-il. » C’est évidemment la raison principale qui l’attache à Médecins francophones du Canada, alors qu’au quotidien, son rapport à la médecine passe souvent par l’anglais, principalement dans les échanges avec les spécialistes. Selon elle, l’association est un soutien essentiel à la protection de la terminologie médicale. « À la relève, j’aimerais dire que c’est une fierté d’être francophone et de faire partie d’un regroupement tel que Médecins francophones du Canada. » Dre Gionet partage aussi son engouement pour les formations organisées par l’association, des événements qu’elle fréquente assidûment, profitant en outre des échanges et du réseautage : « C’est une formidable ouverture à la médecine francophone à travers le monde et une occasion d’apprendre des collègues de partout ». « Finalement, le slogan “Médecin par passion” m’interpelle particulièrement et la présentation des parcours de médecins qui se démarquent m’inspire beaucoup! »

À 59 ans, Edmonde Gionet raconte s’épanouir chaque jour dans sa pratique. « Je ne peux pas penser à la retraite, parce que ce j’aime trop ce que je fais! » Et dire que ses parents, enseignants dans l’âme, la mettaient en garde contre une profession médicale qui la mènerait à un véritable esclavage! La jeune Edmonde passera donc ses examens d’admission sans conviction, mais sera admise à la faculté de médecine de l’Université de Montréal, et obtiendra son diplôme au début des années 1980. « La médecine de famille s’est imposée sans hésitation parce que je désirais une vue d’ensemble de mes patients. » En effet, pour Dre Gionet, la motivation profonde de sa pratique a toujours été le suivi étroit d’un patient dans tout son contexte familial. « Je ne suis pas un patient, je suis une famille. Les enfants, les parents, les grands-parents. Cette vision globale est un réel avantage diagnostique : je sais s’il y a des cancers dans la famille, je connais l’environnement. Et c’est cette philosophie de la médecine familiale que j’ai enseignée », conclut cette médecin par passion.

Dre Gionet a pratiqué la médecine d’urgence une dizaine d’années et l’obstétrique pendant plus de 20 ans, toujours avec cette préoccupation de suivre une famille élargie, pour mieux comprendre ce que vit le patient. « J’aime aller au fond des choses. Si j’ai quelques soupçons que ce soit, si je juge qu’un patient a besoin d’un test d’urgence, je ne lésine pas. C’est exigeant, ça demande des efforts, mais de faire le maximum m’apporte la tranquillité d’esprit », confie l’omnipraticienne, avouant néanmoins que la médecine de famille devient de plus en plus complexe. « J’ai hospitalisé mes propres patients jusqu’à il y a 4 ou 5 ans. Depuis, des équipes spécialisées prennent la relève », explique Dre Gionet. Elle conclut avec enthousiasme : « Le lien avec les patients, cette grande complicité que je développe avec eux, ça me nourrit chaque jour! »