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Portrait

Dre Lyne Paré

Lyne Paré, médecin de famille au CLSC de St-Pamphile et membre de Médecins francophones du Canada depuis toujours, n’a jamais manqué une seule édition du Congrès annuel de médecine. Elle y assiste assidûment depuis ses débuts, parce que c’est une des meilleures formations qui existe ! Pour ses conférenciers de haut calibre, pour la ponctualité des conférenciers et pour les occasions de réseautage », s’exclame-t-elle spontanément. Soulignant l’ouverture de Médecins francophones du Canada à travers tout le pays et sur la francophonie internationale, Dre Paré croit que l’association est essentielle à la communauté médicale pour sa promotion de la langue française et son identité unique. « Lorsque j’ai étudié la médecine, tout était en anglais ! Entre étudiants, nous nous partagions les chapitres que nous traduisions. J’ai dû aller me perfectionner à Toronto pour apprendre l’anglais », se souvient Dre Paré.

Motivée par une curiosité insatiable et par le désir d’apprendre, Lyne Paré cherche sans cesse à se servir de ses connaissances techniques pour les combiner au contact humain crucial dans le soulagement de la souffrance. Ce besoin d’aller vers l’autre l’a menée, il y a une quinzaine d’années, à participer à des missions humanitaires. « Un optométriste de ma connaissance, qui a fondé Iris Mundial, me parlait des missions qu’il organisait. J’ai fini par me décider à l’accompagner dans une mission une première fois, pour ajuster des verres. Le médecin responsable est tombé malade et a dû être rapatrié. » Dre Paré a pris la relève tout en prenant goût à l’aventure. Depuis, elle a participé à une quinzaine de missions, d’Haïti au Bénin, en passant par le Mexique et le Pérou. « J’ai vécu des expériences marquantes, touchée par ces gens qui retrouvent la vue ou qui voient pour la première fois. Cette jeune fille qui a reçu en dansant ses premières lunettes ajustées ou ces patients opérés pour une cataracte et qui ont retrouvé leur autonomie, qui ont pu recommencer à travailler, à vivre. Ce sont des moments très forts », raconte Dre Paré avec émotion. Elle se souvient aussi de cette dame atteinte d’un cancer et qui allait bientôt mourir, mais si reconnaissante d’être hospitalisée. « Le rapport à la mort est tout autre. Ici, nous sommes préoccupés par l’objectif de rester jeune, nous évacuons la mort. Ailleurs, il y a simplement le bonheur d’être en vie », observe cette médecin de famille dont la pratique est désormais teintée de ces expériences humanitaires, en clinique comme dans ses visites à domicile pour soins palliatifs. « Avec mes patients, je reviens à la base, à des valeurs humaines et de compassion. »

S’étant toujours intéressée à la santé des autres, Lyne Paré est venue à la médecine un peu par hasard, suivant les occasions qui se présentaient sur sa route. Comme étudiante, elle aura été préposée aux bénéficiaires et se joindra à l’équipe de recherche de sa sœur aînée qui travaille en laboratoire. « J’aimais les sciences, mais je ne voulais pas faire de la recherche. J’avais besoin de contact humain », précise-t-elle. C’est ce qui l’anime encore, et c’est ce que ses patients retiennent d’elle : sa facilité d’approche. « Je m’efforce de ne jamais juger, d’accueillir dans l’ouverture. C’est le secret pour une communication efficiente avec les patients. Même si ce n’est pas toujours facile », conclut-elle en riant.