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Portrait

Dr André Roch

Membre de Médecins francophones du Canada depuis plus de 35 ans, André Roch a décidé de s’y engager davantage en tant que membre du conseil d'administration, interpellé par l’important changement d’orientation qu’a pris l’association. « Je ne pouvais résister à cette vision canadienne plus large que jamais! » Le Dr Roch a un parcours de pionnier, toujours prêt à s’engager auprès des causes dont personne ne veut. Il ne craint pas d’emprunter des chemins qui n’ont pas encore été défrichés.

Enraciné à Sudbury, dans le Nord de l’Ontario, le Dr Roch n’a eu accès là-bas qu’à de la formation continue en anglais. C’est grâce à Médecins francophones du Canada qu’il a pu continuer à se développer dans sa langue maternelle. Son désir de formation et de culture francophones dépasse l’unique communauté de médecins : Dr Roch travaille ardemment à développer un programme de formation destiné à tous les professionnels de la santé. « Rassembler pour être plus fort, pour mieux comprendre et se comprendre! Ma vision du futur est une médecine de compassion qui passe par la communication entre tous les professionnels de la santé! ».

Formé en médecine à l’Université de Montréal, Dr André Roch a eu accès à une résidence unique en médecine familiale seulement offerte aux médecins des Forces armées canadiennes. Il obtiendra également un certificat en psychothérapie de groupe. De 1987 à 1995, auprès du Groupe d’appui VIH-Sida de Sudbury qu’il a incorporé, il consacre une bonne part de ses énergies auprès des sidéens, à une époque où la maladie générait une grande crainte. L’équipe de bénévoles et de confrères dévoués qui s’était greffée à lui continuera à œuvrer auprès de cette clientèle, accomplissant de grandes réalisations, dont l’ouverture d’hospices privés aboutissant à celle, il y a deux ans, d’un centre palliatif de dix lits. Depuis quelques années, le Dr Roch se consacre, aux soins prolongés et à la gériatrie. « Je constate les lacunes dans les services en gériatrie et je suis leur défenseur! En 2010, nous avons formé une unité de soins transitoires et depuis, c’est mon principal cheval de bataille ». Le Dr André Roch pratique en outre la médecine en prison.

André Roch est un survivant. À 11 ans, suite à un accident de plongeon, il demeurera deux semaines dans le coma. Touché de revenir à la vie, il se souvient avec émotion de ce copain de chambre avec qui il fera connaissance. Après avoir reçu un coup de bâton de golf sur la tête, ce dernier succombera à ses blessures. Encore ému par l’intensité de l’expérience, le Dr Roch relate la compassion que lui a prodiguée le personnel soignant. « Je suis profondément reconnaissant d’avoir survécu et d’avoir été aussi bien soigné. À partir de ce moment, il a été clair pour moi que j’irais en médecine. » Puis, jeune médecin pratiquant à Toronto, il a été ébranlé par la discrimination : « Je me souviens de ces deux patients arrivés en même temps à l’urgence, un politicien bien connu et un alcoolique notoire ramassé dans le fossé. On sait qui a été le premier à recevoir des soins… ». Ce fut l’amorce d’une réflexion qui mènera le Dr Roch à étudier en psychothérapie, avec un désir profond de pratiquer la médecine différemment.